
Près de trois ans après la mort de Thomas Perotto, 16 ans, poignardé dans la nuit du 18 au 19 novembre 2023 à la sortie du bal d’hiver de Crépol (Drôme), l’instruction a franchi une étape décisive. Le 25 septembre 2026, les juges d’instruction ont rendu leur ordonnance de mise en accusation.
Onze jeunes hommes sont renvoyés devant la cour d’assises des mineurs de la Drôme pour meurtre et tentatives de meurtre. Un douzième comparaitra pour violences volontaires avec arme. Deux des quatorze personnes initialement mises en examen ont bénéficié d’un non-lieu. L’un des accusés étant mineur au moment des faits, tous seront jugés ensemble par la juridiction des mineurs.
La circonstance de racisme retenue
Les magistrats ont retenu la circonstance aggravante de propos tenus contre « la race blanche et la nation française ». Cette qualification, contestée par le parquet de Valence dans son réquisitoire définitif d’août 2026, s’appuie sur les déclarations d’une vingtaine de témoins. Certains ont rapporté des phrases telles que « on est là pour planter des Blancs » ou « sale Français de merde ». Les juges ont estimé qu’il existait une concordance suffisante, même si ces témoignages restent minoritaires parmi les nombreuses auditions.
Cette circonstance fait passer la peine encourue de 30 ans de réclusion à la perpétuité. La qualification de « bande organisée », retenue au début de l’enquête, n’a pas été conservée. En revanche, les juges ont appliqué le concept de « scène unique » : tous les membres du groupe peuvent être poursuivis pour le crime, même si l’auteur précis du coup mortel n’a pas été identifié, en raison d’une « loi du silence » persistante.
Appels et calendrier
Plusieurs avocats de la défense ont immédiatement annoncé qu’ils feraient appel de l’ordonnance. Ils contestent notamment la notion de racisme retenue. Une audience devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Grenoble devrait donc précéder tout procès. Compte tenu de ces recours, l’audience aux assises n’est pas attendue avant la fin 2027, voire 2028. Sept accusés restent en détention provisoire.
L’affaire, qui a suscité une forte émotion nationale et de vifs débats politiques dès 2023, entre désormais dans sa phase juridictionnelle. La cour d’assises restera souveraine pour confirmer ou non la circonstance aggravante au moment du jugement.