
Cofondateur de la Jeune Garde (dissoute en juin 2025) et député La France insoumise (LFI) du Vaucluse, Raphaël Arnault voit ses difficultés judiciaires s’intensifier ces dernières semaines, principalement autour de l’enquête sur la mort de Quentin Deranque.
L’audition antiterroriste du 27 octobre
Le 27 octobre 2026, Raphaël Arnault a été entendu en audition libre pendant plusieurs heures par la sous-direction antiterroriste (SDAT), à Levallois-Perret. Cette audition intervient dans le cadre de l’information judiciaire ouverte après la mort, en février 2026 à Lyon, du militant d’extrême droite Quentin Deranque, grièvement blessé lors d’un affrontement avec des membres de la Jeune Garde.
Quatorze personnes ont été mises en examen pour meurtre, complicité de meurtre ou violences aggravées. Parmi elles figurent d’anciens proches du député, dont un ancien assistant parlementaire. L’avocat de la famille de Quentin Deranque avait demandé aux juges d’instruction lyonnais l’audition d’Arnault, notamment pour le délit d’association de malfaiteurs.
Son avocate, Me Chirinne Ardakani, a dénoncé une « cabale politique et médiatique coordonnée » visant à le criminaliser, tout en affirmant qu’il n’est « ni partie, ni impliqué à aucun titre » dans cette affaire. Le contenu de l’audition n’a pas été rendu public.
Une polémique autour d’une convocation
Quelques jours plus tôt, le 20 octobre, LFI avait dénoncé une « tentative d’interpellation policière » de son député à la gare de Lyon, à Paris. Le parquet de Lyon a formellement démenti toute instruction en ce sens. Selon des sources proches du dossier, il s’agissait en réalité d’une remise de convocation dans le cadre de l’enquête Deranque. Le procureur Thierry Dran a précisé que ni le parquet ni les juges d’instruction n’avaient donné d’ordre d’interpellation.
Un antécédent judiciaire
Ces développements s’ajoutent à une condamnation antérieure. En février 2022, le tribunal correctionnel de Lyon avait condamné Raphaël Arnault à quatre mois de prison avec sursis pour « violences volontaires en réunion » commises en avril 2021 à Lyon. Cette condamnation est devenue définitive après qu’il a renoncé à son appel. Les faits concernaient l’interpellation d’un jeune homme lors d’une manifestation, au cours de laquelle Arnault avait notamment cherché à vérifier l’existence de tatouages d’extrême droite.
Réactions et contexte
L’entourage du député et son parti dénoncent une instrumentalisation politique de la justice et une pression médiatique. De leur côté, les proches de Quentin Deranque et certains élus d’opposition estiment que les liens d’Arnault avec la Jeune Garde justifient un examen approfondi de son éventuel rôle dans l’organisation ou l’encadrement du groupe.
Par ailleurs, une conférence qu’Arnault devait tenir le 5 novembre à Lyon a été annulée par une mairie d’arrondissement pour des raisons de sécurité, dans un contexte de tensions persistantes.
À ce stade, Raphaël Arnault n’a pas été mis en examen dans l’affaire Deranque. L’enquête, confiée à trois juges d’instruction lyonnais et cosaisie par la SDAT, se poursuit. L’évolution du dossier dans les prochaines semaines déterminera si les déboires judiciaires du député LFI se limitent à ces auditions ou prennent une dimension plus grave.
Jugement en décembre pour menaces de mort et injures
Selon le journaliste Jean Bexon (Boulevard Voltaire), Raphaël Arnault devrait être jugé en décembre pour menaces de mort et injures, en lien avec des propos tenus en octobre 2025 à l’encontre de Patrick Jardin, père d’une victime du Bataclan. Dans un échange sur X, le député LFI avait écrit : « Suprémacistes religieux ou nationalistes, on va tous vous dézinguer. » Ces déclarations avaient déjà entraîné des saisines de la justice de la part du Rassemblement national et des plaintes, notamment de Patrick Jardin.