
Emmanuel Macron a déclaré le 22 septembre 2026 à la tribune de l’Assemblée générale de l’ONU, en évoquant les « violations » quotidiennes en Cisjordanie : « Au nom de quoi ? Le Hamas n’a jamais sévi en Cisjordanie ».
Cette affirmation est contredite par de nombreux faits documentés, issus de communiqués officiels du Shin Bet, de Tsahal et de la police israélienne, de revendications du Hamas lui-même, et de reportages de presse. Le Hamas ne contrôle pas la Cisjordanie comme Gaza, mais y dispose d’une infrastructure terroriste persistante (cellules, recrutement, financement, planification d’attentats), régulièrement démantelée.
Attaque très récente, deux jours avant le discours
Le 20 septembre 2026, Netanel Shukrun (père de six enfants, de la communauté d’Alei Zahav) a été tué par balle alors qu’il se baignait avec son fils à la source Ein Raya, près de Neve Tzuf, à la veille de Yom Kippour. L’assaillant, Qadri Samara, résident de Biddu, a été identifié par les services de sécurité israéliens comme affilié au Hamas et déjà connu des forces de sécurité. Il a été arrêté à l’hôpital de Ramallah après avoir été blessé. Le fils de la victime a échappé à l’attaque grâce à l’alerte de son père.
Démantèlements récents de cellules et réseaux du Hamas (2025-2026)
Les forces de sécurité israéliennes (Shin Bet, Tsahal, police) annoncent régulièrement des opérations contre des infrastructures du Hamas en Cisjordanie :
- Début septembre 2026 : démantèlement d’un « vaste réseau » lié au Hamas, avec plus de 30 arrestations à Jérusalem et en Cisjordanie. Des cellules armées avaient été recrutées pour des attaques contre des civils juifs et des forces de sécurité. Armes et matériel saisis. Cinq habitants de Jérusalem, dont des membres de Shabab al-Aqsa (affilié au Hamas), ont été inculpés.
- 6 septembre 2026 : démantèlement d’une cellule de 10 membres du Hamas à Akraba (près de Naplouse). Une roquette sans lanceur a été découverte et démantelée, ainsi qu’un cache d’armes contenant un fusil M16 et une grande quantité d’explosifs destinés à la fabrication de bombes.
- Mars 2026 : arrestation de 10 membres d’une cellule du Hamas à Beita (près de Naplouse). La cellule avait déjà commis des attentats à l’explosif contre des soldats (mars-avril 2025, trois blessés dont deux graves) et des tirs. Elle préparait des attaques de grande ampleur, dont un enlèvement. Un tunnel de 6 mètres avait été creusé dans une maison pour retenir des otages. Armes saisies. Inculpations devant le tribunal militaire.
- Juin 2025 : plus de 60 membres du Hamas arrêtés à Hébron dans ce que le Shin Bet a qualifié de plus grande opération de ce type en Cisjordanie depuis une décennie. Dix cellules interconnectées préparaient des attaques par tirs et explosifs. 22 armes à feu, 11 grenades et un arsenal souterrain saisis. Certains suspects étaient liés à une fusillade meurtrière de 2010.
D’autres opérations similaires ont eu lieu en 2025 (plus de 60 suspects arrêtés en une semaine, dont 18 affiliés au Hamas) et antérieurement.
Revendications d’attaques par le Hamas en Cisjordanie
Le Hamas (souvent via les Brigades al-Qassam) a revendiqué plusieurs attentats en Cisjordanie :
- Janvier 2025 : fusillade à al-Funduq ayant tué deux Israéliennes et un policier. Revendication conjointe avec le Jihad islamique palestinien et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa. Le cerveau présumé a été tué ensuite.
- Septembre 2024 : double attentat à la voiture piégée dans la zone de Gush Etzion (station-service et colonie de Karmei Tzur). Les deux auteurs, originaires d’Hébron, ont été identifiés comme membres du Hamas.
- 2023 : plusieurs attaques revendiquées, dont une fusillade à Eli (4 morts) et une près de Kedumim (1 soldat tué).
Le Hamas a aussi salué d’autres attaques sans toujours les revendiquer formellement.
Historique documenté de la présence du Hamas
Le Hamas a été fondé en 1987 pendant la première Intifada et a développé dès l’origine des réseaux en Cisjordanie. Saleh al-Arouri (né près de Ramallah, tué à Beyrouth en janvier 2024), vice-président du bureau politique du Hamas et commandant des opérations en Cisjordanie, a été accusé par Israël d’avoir orchestré de nombreuses attaques, dont l’enlèvement et le meurtre de trois adolescents israéliens en 2014. Il a reconstruit les réseaux après des années de prison et d’exil.
Des « bataillons » ou cellules affiliés au Hamas (souvent avec le Jihad islamique) opèrent dans le nord de la Cisjordanie (Jénine, Tulkarem, Naplouse). Le Shin Bet décrit régulièrement des efforts de recrutement, formation, financement (souvent depuis Gaza) et fabrication d’explosifs.
Ces éléments, issus de sources officielles israéliennes et de revendications du Hamas, montrent une activité terroriste continue, même si elle est plus limitée et plus souvent prévenue qu’à Gaza. Les opérations israéliennes en Cisjordanie visent précisément cette infrastructure, selon les autorités de sécurité.