
Dimanche 1er novembre 2026, en fin d’après-midi, un adjudant-chef des sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône a été très grièvement blessé par balle lors d’une intervention aux Pennes-Mirabeau, près de Marseille, dans la zone commerciale de Plan-de-Campagne.
Les pompiers avaient été appelés pour un feu de poids lourd et de véhicules légers. Alors qu’ils combattaient les flammes, ils ont été pris à partie par un homme armé d’une arme longue, probablement un fusil de chasse. L’adjudant-chef, qui commandait le dispositif et était âgé d’une cinquantaine d’années, a été touché au thorax. Il a été transporté en urgence absolue et placé en soins intensifs. Un autre sapeur-pompier ainsi qu’un véhicule ont également été atteints, selon les précisions du préfet Jacques Witkowski.
L’assaillant, un homme de 51 ans décrit comme marginalisé et déjà connu des services de police pour des faits de violence, notamment avec arme, aurait probablement allumé lui-même l’incendie. Il présentait un profil psychiatrique selon les autorités. Après s’être retranché dans une caravane, il a été interpellé par le RAID de Marseille et remis aux autorités de police judiciaire.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a immédiatement réagi sur X en exprimant « toute [son] indignation face à cette agression violente gratuite à l’encontre de nos pompiers qui s’engagent pour protéger ». Éric Brocardi, porte-parole des sapeurs-pompiers de France, a quant à lui souligné que « quand ceux qui portent secours deviennent des cibles, c’est notre pacte républicain qui est atteint », apportant son soutien au blessé, à ses proches et aux équipes mobilisées.
Cette agression s’inscrit dans une tendance préoccupante. Selon le bilan 2025 de l’Observatoire national des violences envers les sapeurs-pompiers (DGSCGC), 1 525 agressions ont été déclarées en 2025, soit une hausse de 4,3 % par rapport à 2024 (1 462 faits). Il s’agit de la deuxième année consécutive d’augmentation. Environ 39 % de ces faits sont physiques, 53 % verbaux, et la grande majorité survient lors de missions de secours et soins d’urgence à personne. Dans 77 % des cas, l’agresseur est la personne secourue elle-même (ou un proche dans 5 % des situations). L’alcool, les stupéfiants et les troubles psychiatriques apparaissent comme des facteurs récurrents.
Ces chiffres confirment ce que de nombreux sapeurs-pompiers dénoncent depuis plusieurs années : une banalisation progressive des violences à leur encontre. Les interventions, qui représentent la grande majorité de leur activité, exposent de plus en plus ceux qui viennent en aide à des risques qui dépassent largement le cadre du sinistre lui-même. L’épisode des Pennes-Mirabeau, marqué par l’usage d’une arme à feu contre des secouristes en pleine action, en constitue une illustration particulièrement grave.