
Le ministère espagnol de l’Intérieur a diffusé une alerte interne après la détection, sur un site internet proche de l’environnement de l’État islamique (Daech), d’appels à commettre des attentats contre des policiers et des manifestants lors des mobilisations en cours dans plusieurs pays européens, notamment en France, à la veille d’une nouvelle journée de protestations prévue ce samedi 24 octobre.
Selon des documents de l’Oficina de Coordinación de Ciberseguridad (OCC), rattachée à la Secretaría de Estado de Seguridad, les messages ont été repérés lors des activités de surveillance habituelles des espaces numériques de propagande extrémiste. L’alerte, référencée OCC-00055-097 et intitulée « Llamamiento a atacar a policías y manifestantes », cite expressément la France, l’Espagne, l’Italie et le Portugal. Elle présente les grandes concentrations et les affrontements de rue comme des occasions propices pour passer à l’acte.
Les auteurs de la publication encouragent l’utilisation d’explosifs, de couteaux ou d’attaques à la voiture-bélier. Pour les attentats à l’explosif, ils recommandent le « martyre », c’est-à-dire l’immolation de l’attaquant. Concernant les armes blanches, des conseils détaillés sont donnés sur la longueur optimale de la lame pour maximiser les dégâts et sur les zones du corps jugées les plus efficaces. Le texte souligne particulièrement que le nombre élevé de manifestants en France constitue une « opportunité rare et précieuse de les attaquer », et que les forces de l’ordre deviennent des « proies faciles » lors des bousculades et des forcejeos avec la foule.
L’Espagne maintient depuis le 17 octobre 2023 le niveau 4 (renforcé) de son alerte antiterroriste, sur une échelle de 5. Les autorités rappellent que la surveillance permanente des réseaux et forums djihadistes, impliquant l’OCC, le CITCO et les forces de sécurité, a conduit en 2026 à de nombreuses opérations et arrestations. Aucun changement de niveau d’alerte n’a été annoncé à la suite de cette détection, et certaines sources indiquent qu’il ne s’agit pas d’un risque imminent spécifique, mais d’une alerte informative transmise aux services compétents.
Cette alerte intervient dans un contexte de fortes tensions en France, où le gouvernement a annoncé le déploiement de 70 000 policiers pour la journée de samedi 24 octobre, après les violences, émeutes et pillages qui ont marqué les précédentes mobilisations, notamment le week-end du 17-18 octobre. Des couvre-feux sont en vigueur dans plusieurs villes, et des unités spécialisées sont mobilisées. Les autorités françaises ont pointé des appels d’extrême gauche ultra à la violence, tandis que les manifestations portent notamment sur le coût de la vie et les services publics. Des contre-manifestations sont aussi attendues autour du congrès du Rassemblement national à Orléans.
Des médias français et européens ont relayé l’information, soulignant la nécessité d’une coopération renforcée en matière de renseignement face à la propagande djihadiste. L’enquête et le suivi de ces appels se poursuivent de part et d’autre des Pyrénées.