Alexis Chaintreuil

Contexte de l’affaire Deranque

Le 12 février 2026, à Lyon, une rixe oppose un groupe de militants antifascistes (liés à la Jeune Garde) à des militants d’ultradroite/identitaires, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Quentin Deranque, 23 ans, militant identitaire, catholique traditionaliste et proche de groupuscules locaux (Academia Christiana, Action française, Audace Lyon, etc.), se trouve parmi les personnes venues assurer la sécurité de militantes du collectif Némésis. Isolé au sol avec d’autres, il est frappé à la tête par plusieurs individus cagoulés (au moins six selon le procureur). Il décède le 14 février des suites d’un traumatisme crânio-encéphalique majeur, avec fracture temporale droite, décrit comme « au-delà de toutes ressources thérapeutiques » par le médecin légiste.

L’enquête, ouverte pour meurtre/homicide volontaire et violences aggravées (dirigée par trois juges d’instruction lyonnais), a conduit à de nombreuses interpellations. Au total, quatorze personnes ont été mises en examen (dont des proches du député LFI Raphaël Arnault, cofondateur de la Jeune Garde, aujourd’hui dissoute). L’instruction reste en cours en novembre 2026, avec des développements récents comme des auditions liées à Raphaël Arnault.

Profil d’Alexis Chaintreuil

Originaire de Gleizé et résident de Rivolet (Rhône, au nord de Lyon), Alexis Chaintreuil a un passé sportif notable. En 2018, Le Progrès le présentait comme champion de France de tir à l’arc à 11 ans, puis champion de France universitaire par équipe avec l’INSA de Lyon. Il confiait alors sa passion pour ce « sport de concentration par excellence ».

Selon les éléments publics (notamment son profil LinkedIn relayé par la presse), il était réserviste et a travaillé pour une centrale d’achats destinée aux industriels de la défense. Il est décrit dans les comptes rendus judiciaires comme faisant partie des militants ou proches de la Jeune Garde, groupuscule antifasciste lyonnais fondé en 2018 (dissous en 2025, dissolution confirmée par le Conseil d’État en avril 2026). Certains suspects, dont lui, étaient fichés S.

Antécédents : l’agression de 2024 à Paris

Alexis Chaintreuil était déjà connu de la justice. Mis en examen le 25 ou 27 juin 2024 et placé sous contrôle judiciaire pour « violences en réunion ayant entraîné une incapacité supérieure à huit jours dans un moyen de transport collectif […] en raison de la race, de l’ethnie, de la nation ou de la religion ». Les faits datent du 27 mai 2024, à Paris, en marge d’une conférence de Rima Hassan à l’université Paris-Dauphine. Un adolescent de 15 ans (soupçonné d’appartenir à la Ligue de défense juive) a été abordé dans le métro (ligne 2, station Victor-Hugo) par un groupe d’une vingtaine d’années, désigné comme « sioniste », giflé, contraint de crier « Vive la Palestine » (scène filmée et diffusée dans des cercles de la Jeune Garde), avant de recevoir d’autres coups. Il a obtenu douze jours d’ITT. Le parquet de Paris a requis fin décembre 2025 le renvoi de neuf personnes (dont Alexis C.) devant le tribunal correctionnel.

Statut dans l’affaire lyonnaise

Alexis Chaintreuil figure parmi les sept premiers mis en examen le 19 février 2026 (six pour homicide volontaire, un pour complicité). Il a été placé en détention provisoire, notamment en raison du risque de représailles s’il restait libre, selon son avocat. Il est soupçonné d’avoir participé aux violences qui ont coûté la vie à Quentin Deranque. Comme les autres mis en cause, il conteste l’intention homicide (certains ont reconnu avoir porté des coups, sans admettre l’intention de tuer). Il était interpellé en compagnie notamment de Jacques-Elie Favrot (assistant parlementaire de Raphaël Arnault, mis en examen pour complicité par instigation).