L’eurodéputée LFI franco-palestinienne est poursuivie dans deux procédures distinctes pour des publications sur Instagram. Les faits remontent à 2025. Ils s’ajoutent à une série de signalements et d’enquêtes dont la plupart ont été classés sans suite.

Les deux convocations ont été remises à l’issue d’auditions en avril 2026 devant la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP). Le parquet de Paris vise « l’apologie publique de crime ou délit » et « la provocation publique et directe non suivie d’effet à commettre un crime ou un délit ». Chacun de ces délits est passible de cinq ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Premier dossier : le commentaire « One by one » sur un article concernant le Hamas

Le 20 octobre 2025, Rima Hassan publie en story Instagram un article du site américain Mondoweiss intitulé « Hamas is hunting down groups in Gaza that collaborated with the Israeli army, one by one » (« Le Hamas traque un à un les groupes à Gaza qui ont collaboré avec l’armée israélienne »). Elle y ajoute le commentaire « One by one ».

Selon le parquet, la publication comprenait un lien vers l’article, des références à des vidéos non censurées d’exécutions de Palestiniens accusés de collaboration après le cessez-le-feu du 9 octobre 2025, des hashtags #Palestine #Israel et une photographie d’hommes palestiniens armés. Les plaintes émanent de l’Organisation juive européenne (OJE) et de l’Organisation juive française (OJF).

Rima Hassan a contesté l’interprétation. Elle a déclaré ne pas être « pour les exécutions » et a accusé la droite et l’extrême droite de « manipulations grossières ». Elle a précisé que le titre de l’article parlait de « traquer » des groupes collaborateurs du « régime génocidaire » et a ajouté : « Oui, tous ceux qui ont collaboré avec le régime génocidaire devront répondre de leurs actes, one by one. » Elle a également évoqué des affrontements à Gaza impliquant, selon elle, des gangs affiliés à l’État islamique soutenus par Israël.

Second dossier : le relais d’un tag « Dissoudre Némésis à l’acide »

Le 8 mars 2025, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Rima Hassan republie sur Instagram un carrousel de photographies provenant du compte du Comité Palestine Paris 1. La dernière image montre un tag « DISSOUDRE NEMESIS A L’ACIDE » photographié lors d’une manifestation parisienne.

Le collectif identitaire Némésis, représenté par Alice Cordier (également connue sous le nom d’Alice Kerviel), a déposé plainte. La LICRA s’est constituée partie civile à ses côtés. L’avocat de Némésis est Gilles-William Goldnadel.

Rima Hassan affirme n’avoir pas vu la dernière photo du carrousel, composé d’une dizaine d’images de collages féministes. Elle indique avoir immédiatement demandé au collectif étudiant de la retirer. Lors de son audition, l’enquêteur aurait consulté l’ensemble de la conversation et lui aurait dit qu’il n’y avait « pas d’éléments pour poursuivre ». Le procureur a pourtant décidé de la renvoyer devant le tribunal. Le collectif étudiant à l’origine de la publication n’aurait pas été entendu.

Un contexte de procédures répétées

Ces deux dossiers s’inscrivent dans une accumulation de signalements depuis 2023-2024. Le pôle national de lutte contre la haine en ligne a clôturé 16 procédures concernant Rima Hassan, dont 13 classées sans suite. D’autres enquêtes restent ouvertes. L’eurodéputée et son avocat, Me Vincent Brengarth, dénoncent un « harcèlement judiciaire » lié à ses positions sur Gaza et la Palestine. Les parties civiles et le parquet estiment au contraire que certaines publications franchissent la limite de la liberté d’expression.

Un autre procès, plus médiatisé, pour « apologie du terrorisme » (tweet de mars 2026 citant Kōzō Okamoto, auteur de l’attentat de l’aéroport de Lod en 1972) a été renvoyé aux 19 et 20 octobre 2026. Il n’est pas examiné demain.

L’audience du 16 septembre portera donc uniquement sur les deux publications Instagram de 2025. Rima Hassan a annoncé qu’elle s’y présenterait. Le tribunal devra déterminer si le commentaire « One by one » constitue une apologie et si le relais du tag contre Némésis, même involontaire selon l’intéressée, caractérise une provocation publique.

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