
Quelques heures après son large succès à la primaire de la gauche sociale-démocrate, Raphaël Glucksmann a été la cible d’un jet de farine, dimanche 11 octobre 2026 en soirée, alors qu’il quittait le lieu où il célébrait sa victoire à Paris.
L’eurodéputé et fondateur de Place publique, désigné candidat de l’arc social-démocrate dès le premier tour avec environ 66 % des voix (près de 80 000 suffrages sur quelque 120 000 votants), avait pris la parole dans une salle du 20e arrondissement avant de sortir. Selon les informations relayées notamment par BFMTV, il a reçu de la farine en quittant les lieux. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent la scène. Des internautes ont également évoqué un jet de riz plus tôt dans la soirée, dans un contexte où le riz est parfois lancé en signe de célébration, mais le jet de farine s’inscrit clairement dans un registre de contestation.
Un geste dans un contexte de fortes tensions à gauche
Cet épisode intervient alors que Glucksmann incarne une ligne de rupture nette avec La France insoumise et Jean-Luc Mélenchon. Sa victoire a désavoué notamment Olivier Faure, plus ouvert au rassemblement large de la gauche. De nombreux observateurs et internautes ont rapidement lié l’action à des militants ou sympathisants de la gauche radicale, critiques de la stratégie « anti-LFI » du vainqueur et de son refus d’une primaire plus ouverte. Aucune revendication officielle n’avait été confirmée dans les premières minutes, et les auteurs n’étaient pas formellement identifiés au moment des premiers reportages.
L’enfarinement est une forme de protestation politique ancienne en France, consistant à jeter de la farine (ou parfois des œufs, de la peinture) sur une personnalité pour l’humilier ou marquer un désaccord. Elle reste généralement non violente physiquement mais symboliquement forte, et a déjà touché plusieurs responsables, y compris à gauche.
Réactions et contexte politique
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été partagées : certains ont moqué le candidat (« Glucksmann sous farine »), d’autres ont condamné toute forme de violence politique et pointé les risques d’escalade, particulièrement dans un climat de polarisation à gauche. Des voix ont rappelé que Glucksmann avait déjà été ciblé par le passé, notamment par des jets de peinture lors d’une manifestation du 1er mai à Saint-Étienne en 2024, revendiquée alors par une section de jeunes communistes.
Glucksmann, qui a célébré un résultat « puissant » et promis de tourner la page du macronisme tout en empêchant l’extrême droite, se retrouve ainsi confronté dès le soir de son investiture à une manifestation hostile. Cet incident illustre les fractures persistantes au sein de la gauche française à moins de sept mois de l’élection présidentielle de 2027, entre une social-démocratie qui se définit largement contre LFI et une gauche plus radicale qui conteste cette rupture.
L’équipe du candidat n’avait pas encore réagi publiquement de manière détaillée aux dernières informations disponibles. Les autorités n’ont pas non plus communiqué immédiatement sur d’éventuelles suites judiciaires ou sur l’identification des auteurs.