
Lors de son meeting du 11 octobre 2026 à Clermont-Ferrand, devant une salle pleine (environ 10 000 personnes selon les organisateurs), Jean-Luc Mélenchon a renouvelé son soutien au mouvement lycéen et ses attaques contre Parcoursup, qu’il qualifie d’« ignominie » et d’« école du vice ». Dans un extrait largement diffusé, il a déclaré : « Parcoursup est une école du vice. Il oblige des enfants de 14 ou 15 ans à trouver 10 orientations possibles et à écrire 10 lettres de motivation. Forcément, dès la deuxième, ils sont obligés de mentir et à la quatrième ils racontent n’importe quoi. Parcoursup est un martyr pour toute la famille sur trois générations. »
Cette affirmation est factuellement inexacte. Selon le site officiel de Parcoursup, la plateforme est destinée aux lycéens préparant le baccalauréat (principalement en classe de terminale) et aux étudiants déjà titulaires du baccalauréat souhaitant se réorienter en première année d’enseignement supérieur. Elle ne concerne pas les collégiens ou les lycéens de seconde/première pour la formulation de vœux et de lettres de motivation.
Les élèves peuvent créer un compte dès la seconde pour explorer les formations et enregistrer des favoris, mais « ils ne seront évidemment candidats que lorsqu’ils seront en terminale ». La phase de candidature effective (jusqu’à 10 vœux et projets de formation motivés) intervient en terminale, où les élèves ont généralement 17 ou 18 ans. À 14-15 ans, les jeunes sont majoritairement en collège (troisième) ou en début de lycée, bien en amont de la procédure post-bac.
Mélenchon a ensuite publié une version de la déclaration sans les âges précis (« Il oblige des enfants à trouver 10 orientations possibles… »), ce qui a alimenté les commentaires sur les réseaux sociaux pointant une correction après coup.
Ces propos ont déclenché des railleries en ligne. Des internautes ont qualifié l’affirmation de « mensongère » ou de « ridicule », soulignant que Parcoursup s’adresse aux terminales (17-18 ans) et non à des enfants de 14-15 ans, ou évoquant un « menteur pathologique ». Certains ont ironisé sur une « panique » après la suppression ou la modification du post initial, ou ont traité le candidat de « papy » perdu.
Ces déclarations s’inscrivent dans la campagne de Mélenchon, qui promet d’abolir Parcoursup, tient Gabriel Attal pour « personnellement responsable » d’une partie de la colère lycéenne (en tant qu’ancien rapporteur de la loi), et relie le sujet à sa proposition de droit de vote à 16 ans. La plateforme, mise en place en 2018 pour remplacer l’ancien système APB, reste au cœur des critiques des lycéens mobilisés, qui la jugent opaque et anxiogène, même si les bilans officiels indiquent que la grande majorité des candidats reçoivent au moins une proposition.