Mathilde Panot

Mathilde Panot lie le cancer du sein aux multinationales et à Israël : polémique sur Octobre rose

Le 9 octobre 2026, en plein mois de sensibilisation au dépistage du cancer du sein, Mathilde Panot, présidente du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale, a publié une vidéo d’environ trois minutes sur X. Elle y explique qu’elle refuse de porter le ruban rose et appelle à remplacer « Octobre rose » par un « Octobre colère », car « le cancer est une maladie politique ».

Dans la vidéo, la députée déclare : « Je ne porterai pas le ruban d’Octobre rose, parce que nous ne voulons plus tomber malades pour les profits des multinationales à qui on a déjà depuis trop longtemps donné des permis de tuer. » Elle associe tour à tour les insecticides, Israël, le macronisme et le cancer du sein. Elle évoque notamment le glyphosate produit par Monsanto et, surtout, les produits de Syngenta et de sa filiale israélienne, qui selon elle « répand des pesticides sur les terres palestiniennes et libanaises ». Panot affirme également qu’Octobre rose serait une invention d’une multinationale commercialisant à la fois des pesticides et des traitements contre le cancer (« Ils vendent le poison et le traitement »), avant de conclure qu’il ne faut pas « un Octobre rose, mais un Octobre colère ».

Ces propos s’inscrivent dans une rhétorique déjà utilisée par la députée. Elle a précédemment repris le concept de « coalition du cancer » (formulé notamment par Fleur Breteau, du collectif Cancer Colère) pour désigner un spectre politique allant de Gabriel Attal à Marine Le Pen, accusé d’avoir favorisé la réautorisation de pesticides dans le cadre de la loi Duplomb.

Vives réactions d’indignation

La vidéo a immédiatement suscité de vives critiques, tant de responsables politiques que d’internautes. Aurore Bergé, ministre de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a réagi sous le post : « Vous n’avez pas honte ? ».

Aurélien Rousseau, ancien ministre de la Santé, a qualifié cette mise en scène d’« indécente ». Claire Geronimi, vice-présidente de l’UDR et fondatrice de l’association Éclats de femme, a dénoncé une instrumentalisation d’Octobre rose et de la lutte contre le cancer du sein « pour servir son idéologie politique », ajoutant : « LFI n’a décidément aucune limite. Quelle honte. »

Marine Le Pen a publié une réaction directe sur X, liant explicitement les propos de Panot à Israël : « Mathilde Panot refuse de porter le ruban rose, symbole de soutien à la lutte contre le cancer du sein… parce qu’elle y voit un lien avec Israël. Cette obsession, derrière laquelle se cache un antisémitisme de plus en plus assumé – et que la France insoumise considère par ailleurs comme “résiduel” – ne trompera personne. »

Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont également exprimé leur indignation. Plusieurs ont rappelé que le ruban rose n’a pas été inventé par une multinationale agrochimique : il a été créé en 1992 aux États-Unis par Alexandra Penney (rédactrice en chef du magazine Self) et Evelyn Lauder (vice-présidente d’Estée Lauder, elle-même ancienne patiente), avant d’être adopté en France notamment via Estée Lauder et Marie Claire. Une note communautaire sur le post de Mathilde Panot a corrigé cette information.

D’autres commentaires ont dénoncé le fait d’introduire la question israélo-palestinienne et les pesticides dans une campagne de sensibilisation au cancer du sein, qualifiant la démarche d’indécente ou d’obsessionnelle. Le post original de Panot a généré des milliers de réponses et de citations, témoignant de l’ampleur de la polémique.

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