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Le député LFI Raphaël Arnault recrute un nouveau collaborateur parlementaire aux liens allégués avec la Jeune Garde

Le site de l’Assemblée nationale liste désormais Loup Guiral parmi les collaborateurs de Raphaël Arnault, député de la 1re circonscription du Vaucluse (La France insoumise – Nouveau Front Populaire). Il figure aux côtés de Robin Chalendard et Lounes Djoumer. Ce recrutement, signalé publiquement début octobre 2026, intervient dans un contexte particulièrement sensible pour l’élu.

Selon des publications sur le réseau X (notamment le compte @Edouard_etud), Loup Guiral serait un ancien membre de la Jeune Garde, le collectif antifasciste cofondé par Arnault. Il aurait été identifié sur des vidéos lors d’une agression visant le collectif Némésis à Lyon, en marge d’une manifestation « Nous Toutes ».

La Jeune Garde : dissolution pour violences et exclusion de l’espace public

La Jeune Garde antifasciste a été fondée en janvier 2018 à Lyon par Raphaël Arnault (de son vrai nom Raphaël Archenault) et d’autres militants, en réaction à des groupes d’extrême droite locaux. Le mouvement se présentait comme un groupe d’« autodéfense » antifasciste visant à « faire reculer l’extrême droite » par des actions de « vigilance » dans l’espace public.

Le 12 juin 2025, le gouvernement a prononcé sa dissolution par décret, reprochant au groupement de « provoquer à des agissements violents contre les personnes » et d’en commettre. Le Conseil d’État a rejeté le recours de la Jeune Garde le 30 avril 2026, jugeant la mesure « adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l’ordre public ».

Dans sa décision, la haute juridiction administrative a relevé que la Jeune Garde « a mené et incité à commettre des agissements violents de confrontation et d’exclusion physique de l’espace public », tant par le comportement de ses membres que par ses soutiens à certains comptes sur les réseaux sociaux et son absence de réaction à leurs contenus. Elle préparait ses militants à des affrontements via des stages présentés comme de l’« auto-défense », valorisait des opérations de « quadrillage » de quartiers et n’a pas condamné des violences initiées par ses membres. Le Conseil d’État a estimé que ces éléments justifiaient la dissolution pour prévenir de graves troubles à l’ordre public.

Le meurtre de Quentin Deranque et les liens avec des proches d’Arnault

Le 12 février 2026 à Lyon, en marge d’une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po, Quentin Deranque, militant nationaliste de 23 ans, a été roué de coups par plusieurs individus cagoulés. Il est décédé deux jours plus tard des suites de ses blessures.

L’enquête a rapidement mis en cause des personnes proches de la Jeune Garde et de l’entourage de Raphaël Arnault. Parmi les premiers mis en examen figuraient :

  • Jacques-Élie Favrot, alors assistant parlementaire d’Arnault et figure de la Jeune Garde, pour « complicité d’homicide volontaire par instigation » (placé en détention provisoire) ;
  • Adrian B. (aussi connu sous le nom d’usage Adrian Galvan), ancien stagiaire puis assistant en CDD d’Arnault jusqu’à fin janvier 2026, pour homicide volontaire ;
  • Robin Chalendard (enregistré sous le pseudonyme Robin Michel), autre collaborateur, pour des faits de recel de malfaiteurs (hébergement et assistance après les faits).

D’autres personnes, pour la plupart décrites comme membres ou proches de la mouvance, ont été mises en examen pour homicide volontaire, violences aggravées ou association de malfaiteurs. L’instruction judiciaire se poursuit ; des mises en examen supplémentaires ont été prononcées dans les mois suivants. Les personnes mises en examen bénéficient de la présomption d’innocence. Arnault n’est pas mis en cause personnellement dans l’enquête judiciaire, mais plusieurs de ses collaborateurs ou anciens collaborateurs ont été impliqués. Il a engagé des procédures pour mettre fin aux contrats de certains d’entre eux.

Un recrutement qui interroge dans ce contexte

Le recrutement de Loup Guiral comme collaborateur parlementaire s’inscrit dans la continuité d’une équipe où plusieurs membres ont été liés à la Jeune Garde et à l’affaire Deranque. Raphaël Arnault, lui-même cofondateur et ancien porte-parole du mouvement, a été condamné en 2022 à une peine de prison avec sursis pour violences volontaires en réunion. Après la dissolution de la Jeune Garde et les événements de février 2026, il a déclaré que le groupe avait cessé ses activités et a mis en cause des défaillances de l’État et de la police.

Ce nouveau recrutement relance les interrogations sur les profils recrutés par le député et sur la continuité des réseaux issus de la Jeune Garde dans son environnement parlementaire et politique, alors que l’enquête sur la mort de Quentin Deranque reste ouverte.

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