Marina Vlady

Marina Vlady, actrice, chanteuse et écrivaine franco-russe, est morte le 24 septembre 2026 à l’âge de 88 ans. Elle s’est éteinte chez elle, entourée de ses proches et de ses animaux, a annoncé sa famille, qui a salué « une longue et belle vie bien remplie ».

Née Catherine Marina de Poliakoff-Baïdaroff le 10 mai 1938 à Clichy, elle était la fille d’émigrés russes : un père chanteur d’opéra et une mère danseuse étoile. Destinée d’abord à la danse, elle débute au cinéma à onze ans dans Orage d’été (1949). Repérée pour sa beauté et sa présence, elle s’impose dès l’adolescence, notamment dans Avant le déluge d’André Cayatte (1954), qui lui vaut le prix Suzanne-Bianchetti.

Mariée à dix-sept ans à Robert Hossein, elle tourne sous sa direction dans plusieurs films, dont Les Salauds vont en enfer. En 1961, elle incarne La Princesse de Clèves de Jean Delannoy. Deux ans plus tard, son rôle dans Le Lit conjugal (Una storia moderna: l’ape regina) de Marco Ferreri lui vaut le prix d’interprétation féminine au Festival de Cannes. Elle travaille ensuite avec Jean-Luc Godard (Deux ou trois choses que je sais d’elle), Orson Welles (Falstaff / Chimes at Midnight) et de nombreux réalisateurs français et italiens. Sa filmographie compte plus de quatre-vingts titres.

Sa vie privée a souvent croisé l’Histoire. Après Hossein, elle épouse l’aviateur Jean-Claude Brouillet, puis, en 1970, le poète, chanteur et acteur soviétique Vladimir Vyssotski. Leur amour, vécu entre Paris et Moscou jusqu’à la mort de celui-ci en 1980, inspire plusieurs chansons de Vyssotski et le récit Vladimir ou le vol arrêté. Elle partage ensuite plus de vingt ans avec le professeur Léon Schwartzenberg, décédé en 2003. Engagée, elle milite pour le droit à l’avortement et contre les expulsions d’immigrés. Plus tard, elle consacre davantage d’énergie au théâtre et à l’écriture : une dizaine de livres, dont les mémoires 24 images/seconde.

Elle laisse trois fils, Pierre, Igor et Vladimir. Figure d’une génération qui mêla cinéma populaire, Nouvelle Vague et engagement, Marina Vlady demeure l’un des visages les plus singuliers du cinéma français de l’après-guerre.

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