
Psyhodelik, de son vrai nom Dalibor Stanisavljevic, est un vidéaste français né le 4 janvier 1983. Présent sur YouTube depuis 2006, il est passé du gaming à un format de chronique d’actualité et de polémiques sociétales très productif. Le 23 septembre 2026, YouTube a exclu ses deux chaînes du Programme Partenaire, mettant fin à leur monétisation.
Un pionnier du YouTube français devenu chroniqueur de dramas
Dalibor Stanisavljevic, d’origine serbe par son nom, a grandi en France. Il a étudié la sociologie et l’anthropologie des religions à Paris 8, suivi des années de psychologie, puis une formation en informatique. Avant de vivre de ses vidéos, il a travaillé dans l’ingénierie et comme technicien réseau.
Sa chaîne YouTube, créée en 2006, commence par des contenus gaming, notamment autour de Trials et Ubisoft, ainsi que des vlogs et tests rétro. Le tournant arrive le 28 juillet 2019 avec la vidéo DOOM – J’ai mal à mon Bethesda. Il lance alors le format « Dalibourdin Investigation » : face-cam, compilation d’articles, tweets et extraits, ton moqueur et incisif. Il décortique les dramas entre influenceurs, les polémiques de l’industrie du jeu vidéo et les sujets de société (cancel culture, wokisme, questions de genre, immigration, etc.).
Avec plus de 264 000 abonnés, plus de 10 000 vidéos et plusieurs centaines de millions de vues, il publie souvent deux vidéos par jour. Sa devise : « Amour, bière et câlin ». Il se présente comme apolitique et anti-woke. Il est aussi présent sur Kick, TikTok, X, Discord et Tipeee. Il a créé une SARL Psyhodelik en 2022.
Un positionnement controversé
Psyhodelik affirme ne pas faire de politique. Pourtant, Le Monde l’a cité en juillet 2024 parmi les influenceurs d’extrême droite mobilisés pendant les législatives. Il y était décrit comme particulièrement productif en vidéos politiques et comme ayant moqué les influenceurs de gauche après le premier tour.
Ses détracteurs lui reprochent un ciblage quasi systématique des progressistes, des militants LGBT et des questions identitaires, avec un ton parfois dégradant. Des compilations de propos (sur les personnes trans, le mouvement LGBT, le racisme systémique ou l’égalité femmes-hommes) circulent sur des sites comme PolitiWiki. Il a notamment déclaré qu’il était « une bonne chose » de considérer le mouvement LGBT comme terroriste, et il utilise régulièrement un langage que certains jugent transphobe ou stigmatisant. Il nie le racisme systémique et critique fortement ce qu’il appelle les excès de la gauche.
Il a aussi connu des affaires judiciaires (condamnation pour concurrence déloyale face à La Tronche en Biais) et un ban définitif de Twitch en janvier 2023 après un live polémique.
Pourquoi YouTube a démonétisé ses deux chaînes
Le 23 septembre 2026, YouTube a retiré les deux chaînes (la principale @Psyhodelik et la chaîne live) du Programme Partenaire YouTube. Plus aucune publicité ni revenus issus de la plateforme. La notification invoque des « contenus dangereux ou incitant à la haine », sans citer de vidéo précise ni de passage. Psyhodelik parle d’un choc, d’une décision sans préavis, et dit que cela touche son activité professionnelle et sa famille. Il a lancé un appel au soutien via Tipeee et Patreon et annonce contester la décision.
YouTube applique des règles strictes pour la monétisation. Les contenus « haineux et dégradants », l’incitation à la haine contre des groupes protégés (origine, religion, orientation sexuelle, identité de genre, etc.) ou les propos répétitifs jugés stigmatisants peuvent entraîner une démonétisation individuelle, puis l’exclusion du Programme Partenaire en cas de violations répétées ou si une grande partie du catalogue n’est pas « advertiser-friendly ».
Psyhodelik avait déjà subi des démonétisations ponctuelles, parfois pour un seul mot (« Boche » par exemple). Le volume élevé de vidéos sur des sujets sensibles (genre, immigration, « wokisme ») et les signalements fréquents ont probablement pesé. YouTube n’a pas publié de détail public au-delà de la notification générale.
Une décision qui s’inscrit dans une tendance plus large
Cette exclusion n’est pas isolée. YouTube durcit régulièrement ses critères face aux contenus polémiques, notamment ceux qui frôlent ou franchissent les lignes de la haine ou de la dégradation. Les créateurs qui traitent massivement de sujets identitaires, avec un ton sarcastique ou accusateur, se retrouvent souvent dans le viseur, que ce soit à droite ou à gauche.
Psyhodelik présente la décision comme une censure politique. Ses soutiens y voient une attaque contre la liberté d’expression. Ses critiques considèrent que le contenu accumulé sur des années justifie le retrait de la monétisation, même si les vidéos restent en ligne.
L’affaire illustre la tension permanente entre les plateformes, les annonceurs et les créateurs qui vivent de sujets clivants. Psyhodelik continue de publier et cherche des alternatives (Kick, dons directs). L’issue de son recours auprès de YouTube déterminera s’il pourra à nouveau monétiser sur la plateforme qui l’a fait connaître pendant vingt ans.