
Ce vendredi 6 novembre 2026 au matin, l’entrée du lycée Édouard-Herriot, dans le 6ᵉ arrondissement de Lyon, a été la cible d’un incendie. Des poubelles et des trottinettes électriques entassées devant le portail ont été enflammées, endommageant la grande porte en bois centenaire et la façade de l’établissement. Huit personnes ont été interpellées.

Selon la préfecture du Rhône, les quelque 1 080 élèves présents ont pu être évacués dans le calme grâce au sang-froid du proviseur Damien Coursodon et de ses équipes. Aucun blessé n’est à déplorer. Le sous-préfet Ottman Zaïr s’est rendu sur place pour constater les dégâts et soutenir la communauté éducative. La préfecture a qualifié les faits d’« acte inadmissible » et d’« acte abject », rappelant que « manifester est un droit » mais que « utiliser la violence pour nuire à l’institution, à la République, blesser des personnes, détruire des bâtiments publics » ne l’est pas.
Le maire du 6ᵉ arrondissement, Samuel Soulier, a exprimé sa « profonde indignation » après avoir partagé des images de l’incendie. Il a souligné l’intervention rapide des pompiers, dont la caserne se trouve à proximité, qui a permis d’éviter une propagation plus grave.

Un établissement déjà visé par des violences
Le lycée Édouard-Herriot n’en est pas à son premier incident depuis le début de la mobilisation lycéenne. Le 8 octobre, des mortiers d’artifice avaient été tirés vers le hall et la façade, blessant légèrement quatre personnes (deux membres de l’équipe de direction, un agent et un parent d’élève). Une porte vitrée et une fenêtre avaient été endommagées. Le lendemain, le président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Fabrice Pannekoucke, s’était rendu sur place pour dénoncer un « déchaînement de violence » et annoncer le dépôt de plaintes.
Le proviseur avait alors décrit l’épisode comme « extrêmement bref, extrêmement bruyant », « comme si vous étiez au cœur d’un feu d’artifice ».
Des élèves de classes préparatoires avaient même passé des épreuves le 10 octobre à la mairie du 6ᵉ arrondissement, le lycée étant inaccessible.
Le contexte d’un mouvement national
Ce nouvel incident s’inscrit dans un mouvement lycéen national lancé mi-septembre 2026, d’abord à Créteil, puis étendu à de nombreuses villes, dont Lyon. Les revendications portent principalement sur le manque de moyens dans l’Éducation nationale (professeurs non remplacés, classes surchargées, bâtiments délabrés), de meilleures conditions d’étude et la contestation de Parcoursup, jugée source d’inégalités. À Lyon, des manifestations ont rassemblé des milliers de personnes (jusqu’à 20 000 le 6 octobre selon la préfecture) et de nombreux établissements ont été concernés par des blocages.
Ce vendredi, une vingtaine d’établissements (16 lycées, 2 collèges et 3 établissements du supérieur) étaient encore touchés dans la métropole et le département, selon la préfecture. Quarante-sept interpellations ont eu lieu depuis le début de la semaine.
Le lycée Édouard-Herriot, établissement historique fondé en 1882 comme premier lycée de jeunes filles de Lyon et aujourd’hui mixte (environ 1 000 à 1 200 élèves, avec des classes préparatoires), est devenu un point de cristallisation des tensions dans le centre-ville. Les autorités régionales ont déjà estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros le coût des dégradations liées à la mobilisation dans les lycées d’Auvergne-Rhône-Alpes.
Les cours n’ont très probablement pas pu reprendre normalement ce vendredi dans l’établissement. La communauté éducative, déjà secouée par les semaines précédentes, se retrouve une nouvelle fois confrontée à des violences qui dépassent largement le cadre des revendications pacifiques.