Lyon ultra-droite

Dans la soirée du lundi 19 octobre, place Bellecour à Lyon, un rassemblement d’environ 200 personnes (habitants et commerçants) s’est tenu à partir de 20 heures en soutien aux commerçants et aux forces de l’ordre, au lendemain des violences du week-end. L’organisateur, Rayane Azzaoui, l’avait présenté comme « apolitique et citoyen ». Des slogans comme « Doucet démission », « LFI coupable » ou « Émeutiers en prison » ont été entendus, entre Marseillaises et chants. Peu après, un groupe organisé d’ultra-droite, vêtu de noir, s’est greffé au rassemblement.

Vers 21 heures, à la dispersion annoncée, entre 100 et 200 individus ont remonté la rue Victor-Hugo en scandant des slogans tels que « La rue, la France, nous appartient », « Français, réveille-toi, tu es ici chez toi », « Islam hors d’Europe » ou « Avant, avant, Lyon le melhor ! ». Un drapeau à croix celtique était brandi en tête. Des riverains ont interpellé le cortège depuis leurs fenêtres (« nazis », « fachos ») et reçu des insultes en retour. Le groupe s’est dispersé place Carnot, où attendait un car de CRS. La préfecture a indiqué qu’il n’y avait pas eu de trouble à l’ordre public et que les individus avaient quitté le périmètre du couvre-feu. Aucun pillage, incendie ou saccage n’a été signalé pour ce cortège, contrairement aux événements du 17 octobre (incendie de l’office de tourisme place Bellecour, pillages de dizaines de commerces en Presqu’île, dégradations, affrontements).

Ce contraste avec les mobilisations récentes (lycéennes, contre la vie chère, etc.), marquées par des cortèges sauvages, des black blocs, des incendies et des pillages, a été relevé dans les comptes rendus locaux (Le Progrès, Tribune de Lyon). Le contexte national incluait des couvre-feux dans plusieurs villes après les violences du 17.

Réactions des députés LFI

Les réactions publiques des députés de La France Insoumise, principalement sur les réseaux sociaux, ont porté sur une perception d’impunité, de double standard sur les interdictions de rassemblements/couvre-feux et d’inaction policière face à des slogans jugés racistes ou néonazis.

  • Anaïs Belouassa Cherifi (députée LFI du Rhône, 1re circonscription) a publié, avec une vidéo : « À #Lyon, l’interdiction des rassemblements et des manifestations ne semble visiblement pas s’appliquer aux groupuscules d’extrême droite, qui peuvent défiler en scandant des slogans racistes en toute impunité. » Elle avait, le 17 octobre, condamné l’incendie de l’office de tourisme, les pillages et les attaques contre l’hôtel de ville (« ne peuvent être nos moyens d’action ») tout en critiquant les « choix désastreux en matière de maintien de l’ordre » et des violences policières.
  • Thomas Portes (député LFI de Seine-Saint-Denis) a écrit : « « Français réveille-toi, tu es ici chez toi » « La rue, la France nous appartient ». À Lyon des militants néonazis défilent dans les rues en chantant des slogans racistes. La police laisse faire. On sait pourquoi. » Il a partagé des vidéos du cortège.
  • Antoine Léaument (député LFI de l’Essonne) a interpellé le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez : « Bonsoir @NunezLaurent, Pourquoi est-ce que des fascistes scandant des slogans racistes ont-il le droit de briser le couvre-feu ? S’agit-il de vos consignes ? De celles du préfet du Rhône ? Ou bien vous ne contrôlez plus rien ? » Il citait le post de Belouassa Cherifi.
  • Ugo Bernalicis (député LFI) a commenté un post du Progrès : « Alors @NunezLaurent et @SebLecornu ? Un commentaire ou vous êtes trop occupés à nous faire basculer dans un régime autoritaire ? »

Les faits du 19 octobre illustrent la tension persistante à Lyon entre mobilisations, radicalités et ordre public, dans un climat national marqué par les suites des événements du 17. Les autorités ont souligné l’absence de trouble majeur pour ce cortège particulier, tandis que les députés LFI ont dénoncé une inégalité de traitement.