
Le 18 octobre 2026, le député LFI de l’Essonne Antoine Léaument a diffusé sur X un tweet largement partagé, accompagné d’une vidéo virale. On y voyait deux policiers motards récupérer des chaussures dans un magasin Lacoste pillé à Limoges, en marge des violences du 17 octobre. Le message sarcastique était le suivant : « Sans doute qu’ils font ça pour ramasser des preuves ? Hein @NunezLaurent ? ».
Cette publication s’inscrivait dans une vague de commentaires sur les réseaux sociaux accusant les agents de s’être servis eux-mêmes. La vidéo, filmée depuis un immeuble, a rapidement circulé (plusieurs millions de vues sur Facebook selon franceinfo), alimentant des accusations de vol par des policiers profitant du désordre.
Le démenti officiel de la Police nationale et du parquet
Dès le 19 octobre, le compte officiel de la Police nationale a publié un démenti clair et catégorique :
« ❌ FAUX : Non, les policiers n’ont pas pillé de magasin à Limoges.
Une vidéo circule actuellement sur les réseaux sociaux montrant un équipage de motocyclistes récupérer des effets dans un magasin.
Ces derniers ont agi sur instruction d’un officier de police judiciaire, pour sécuriser les effets dans le cadre d’une enquête en flagrance. Les effets ont par la suite été restitués au magasin.
Soyez vigilants face aux vidéos circulant sur les réseaux sociaux, certains véhiculent de fausses informations. »
Le parquet de Limoges a confirmé cette version dans un communiqué de la procureure Émilie Abrantes. Les deux agents intervenaient dans le cadre d’une enquête pour vol aggravé, sur ordre d’un officier de police judiciaire, pour appréhender des effets immédiatement accessibles depuis la vitrine. Les marchandises saisies ont été restituées au gérant du commerce. Une enquête pour dénonciation calomnieuse a été ouverte contre les auteurs de la vidéo (faits passibles de cinq ans d’emprisonnement). Le gérant du magasin Lacoste a lui-même confirmé la restitution des articles.
Franceinfo, dans un article « Vrai ou faux » publié le 19 octobre, a classé l’accusation de vol par les policiers comme fausse, en s’appuyant sur ces démentis officiels et sur le cadre juridique des saisies en enquête de flagrance.
Le tweet n’a pas été supprimé
Malgré ces démentis successifs de la Police nationale, du parquet et la confirmation du gérant, le tweet d’Antoine Léaument est resté en ligne. Il a continué à être cité et partagé dans les heures et jours suivants, sans correction ni retrait apparent de la part du député. Des internautes et comptes ont d’ailleurs relevé publiquement le maintien du message après le démenti officiel.