
Le 26 juillet 2026, Boy George publie sur Instagram et X une chanson reggae intitulée We Will Dance Again (en hébreu עוד נרקוד, Od Nirkod), simplement accompagnée du mot « Shalom ». L’icône de Culture Club n’a consulté personne. Il a pris le risque. Cette chanson, née d’une visite à une exposition, a provoqué une tempête, des ruptures professionnelles, puis un moment d’émotion collective dans une synagogue de Vancouver.
George O’Dowd, 65 ans, a toujours parlé franchement. Après des décennies de tubes comme Karma Chameleon, il continue de se produire et de s’exprimer. Il avait déjà participé à une manifestation contre l’antisémitisme à Londres. Rien ne le préparait toutefois à l’impact de ce morceau.
L’inspiration vient de l’exposition londonienne consacrée au festival Nova. Le 7 octobre 2023, des terroristes du Hamas ont attaqué cette rave dans le sud d’Israël et tué des centaines de jeunes qui dansaient. L’exposition 06:29AM – The Moment Music Stood Still reconstitue le lieu : tentes, chaussures abandonnées, mur de visages. Boy George, habitué des festivals en tant que DJ et chanteur, y a reconnu « son monde ». Il a rencontré May Hayat, une survivante, et les parents de Jake Marlowe, un musicien britannico-israélien assassiné ce jour-là. Il a promis d’écrire une chanson.
Un vendredi soir, chez lui, les mots sont venus. Il a utilisé l’intelligence artificielle pour l’aider, expliquant qu’il « aurait du mal à l’écrire avec un humain ». Le titre reprend le slogan des survivants de Nova. Les paroles sont directes : « You say genocide, I say war / When you’re attacked, that’s what the army’s for ». Il évoque les jeunes filles violées et assassinées « pour le crime de danser », critique les musiciens qui brandissent des drapeaux « comme des moutons » et affirme : « If you’re ever confused, I stand with the Jews ».
Il a sorti la chanson sans demander l’avis de son manager. La réaction a été immédiate et polarisée. Des voix juives et israéliennes l’ont remercié. D’autres l’ont accusé de minimiser les souffrances palestiniennes. Boy George a répondu qu’il venait « d’un lieu de paix » et qu’il était « dévasté par la perte de vies innocentes des deux côtés ».
Les conséquences ont suivi. Il s’est retiré du rôle du roi Hérode dans Jesus Christ Superstar au London Palladium. Il a rompu avec son manager de label, qui ne voulait « rien avoir à faire » avec le morceau. Bandcamp a retiré la chanson.
En septembre 2026, à Vancouver, environ 800 personnes se sont réunies au Temple Sholom. Boy George y a interprété We Will Dance Again en public pour la première fois. Le public a applaudi fort au vers « I stand with the Jews ». On lui a offert un shofar gravé. Il a raconté avoir versé des larmes en enregistrant la version finale.
L’histoire de We Will Dance Again est celle d’un artiste qui, après avoir vu des photos de jeunes assassinés pour avoir dansé, a décidé que le silence n’était pas une option. Le titre reste un cri de résilience repris par les survivants de Nova : on dansera encore.