
Katie Zacharia, nommée porte-parole de la Maison-Blanche (White House press secretary) le 9 octobre 2026 par Donald Trump pour succéder à Karoline Leavitt, a été écartée du poste le 16 octobre après à peine cinq jours. Il s’agit de la plus courte durée jamais enregistrée pour cette fonction dans l’histoire des États-Unis.
Un début chaotique au podium
Son unique briefing, le 13 octobre, a duré environ 14 minutes. Visiblement nerveuse, elle a largement lu ses notes, consacré une partie importante de son intervention à des éloges du président, puis n’a pris que trois questions (principalement d’organes de presse favorables) avant de mettre abruptement fin à la séance. Des responsables de l’administration ont jugé la performance « brutale » ou insuffisante. Trump avait d’abord affirmé qu’elle s’en était bien tirée, mais le contraste avec le style plus assuré de Leavitt a rapidement été souligné.
La polémique sur ses qualifications d’avocate
La controverse s’est rapidement concentrée sur ses credentials juridiques. Trump l’avait présentée comme « attorney » lors de sa nomination. Zacharia, diplômée de Pepperdine University (licence puis JD en 2011), s’était régulièrement présentée comme avocate ou lawyer dans des apparitions médiatiques et sur des profils professionnels. Or, elle a échoué à l’examen du barreau de Californie en 2011, ne l’a jamais repassé et n’est inscrite à aucun barreau américain. Interrogée sur le lieu où elle avait réussi le barreau, elle a évoqué son passage en Chine (où elle a travaillé dans un cabinet), ce qui a alimenté les doutes. Elle a ensuite confirmé l’échec à l’examen, expliquant qu’elle avait été conseillée que le titre de « lawyer » restait acceptable avec un simple diplôme, une affirmation contestée par des experts juridiques.
Le retrait de soutien de Donald Trump
Même le président, qui l’avait choisie (en partie après des apparitions télévisées qu’il aurait remarquées), a cessé de la soutenir publiquement. Le 16 octobre, avant un déplacement en Géorgie, Trump a déclaré aux journalistes avoir dit à Zacharia : « Honnêtement, si j’étais toi, je reconsidérerais. Katie, as-tu besoin de ça ? Je ne pense pas que tu en aies besoin. » Il a ajouté qu’elle avait été « brutalement » traitée par les médias, qu’elle serait peut-être mieux « heureuse » hors de ce poste, et qu’il souhaitait qu’elle ait « une bonne vie ». Il a laissé entendre que la décision lui reviendrait, mais des sources de la Maison-Blanche ont confirmé le même jour qu’elle quittait le poste (ou était « en transition » vers un autre rôle). Zacharia a ensuite publié un message élogieux envers Trump, affirmant que ce fut un honneur de travailler pour lui.
Son éviction, comparée à la courte période d’Anthony Scaramucci en 2017, intervient à moins de trois semaines des élections de mi-mandat. Elle illustre la priorité accordée par Trump aux performances médiatiques et télévisuelles, ainsi que les limites d’un recrutement rapide basé sur la loyauté affichée et les apparitions à l’écran, sans validation approfondie des antécédents. Zacharia, mère de quatre enfants et résidant en Californie, avait auparavant travaillé comme conseillère en communication pour Trump Media & Technology Group (Truth Social) et brièvement au Département de la Sécurité intérieure.