7 octobre

Noa Magid (@NoaMagid) est une journaliste israélienne de Jérusalem, ancienne éditrice à 0404 News, qui a consacré sa vie depuis le 7 octobre 2023 à documenter le massacre commis par le Hamas. Son compte X, suivi par plus de 170 000 personnes, mélange récits individuels des victimes, extraits de vidéos filmées par les terroristes eux-mêmes et rappels constants : « Don’t you dare forget » et « Hell is not enough ».

Une journaliste spécialisée dans le terrorisme depuis plus de dix ans

Noa Magid documente les attentats en Israël depuis environ 2014. Elle a travaillé comme journaliste et rédactrice, principalement en hébreu, au sein de 0404 News. Quelques mois avant le 7 octobre, elle avait quitté son poste pour prendre une pause des horreurs qu’elle avait dû « flouter » pendant des années.

Le matin du massacre, elle a compris immédiatement l’ampleur de la catastrophe. Elle a alors commencé à publier en anglais, pensant d’abord que personne ne lirait. Le public international l’a suivie. Elle a aussi créé un canal Telegram dédié. Depuis, elle affirme que chaque jour est le 7 octobre et qu’elle n’a pas l’intention d’arrêter.

Intentions : documenter, nommer, empêcher l’oubli

Son objectif déclaré est de préserver la vérité brute du massacre pour que le monde ne puisse pas la nier ou l’atténuer. Elle raconte les victimes une par une : leur âge, leur métier, leurs derniers instants, parfois les paroles d’un enfant survivant. Elle insiste sur le fait que les atrocités n’ont pas besoin d’être exagérées. « Tell the story as it happened — because only truth brings light », écrit-elle.

Elle considère ce travail comme une ligne de front existentielle, aussi bien pour les Israéliens que pour ceux qui luttent contre le régime iranien, dont elle documente également les exécutions. Elle a déclaré avoir aidé des centaines de familles à obtenir des informations et avoir transmis des éléments aux autorités. Une partie des matériaux qu’elle possède ne peut pas être publiée en ligne ; elle les montre en privé à des interlocuteurs qu’elle juge importants.

Elle justifie aussi le respect dû aux morts : Israël maintient une censure officielle sur de nombreux enregistrements (caméras de police, de sécurité des kibboutz, images des premiers secours) par égard pour les familles. Elle dit elle-même avoir vu des choses qu’elle ne peut même pas décrire par écrit.

Les obstacles à la publication

Les difficultés sont multiples et concrètes.

D’abord, les menaces. Dès octobre 2023, elle indiquait recevoir « des milliers de menaces de mort » simplement pour diffuser ces images. Elle a annoncé qu’elle continuerait malgré tout.

Ensuite, les plateformes. Facebook a bloqué ce type de contenus ; elle a dû se rabattre sur X. Même sur X, elle a subi des suppressions de posts, des verrouillages de compte après des signalements massifs (souvent décrits comme provenant de bots) et l’obligation de retirer certaines photos pour récupérer l’accès. En décembre 2023 déjà, elle écrivait que le silence imposé était « aussi douloureux que le massacre lui-même ». En 2025, un compte a encore été bloqué à cause d’une photo du 7 octobre.

Enfin, la nature même des images. Beaucoup sont trop graphiques pour être diffusées sans blesser davantage les familles ou le public. Elle publie donc une sélection, souvent accompagnée d’avertissements, et conserve le reste hors ligne. Elle dénonce aussi les bots qui mélangent des photos de terroristes éliminés avec de fausses attributions aux victimes du 7 octobre.

Le compte @NoaMagid fonctionne donc comme une archive militante et personnelle : un journaliste qui a choisi de ne plus détourner le regard, au prix d’une charge psychologique lourde, de menaces permanentes et d’une bataille constante contre la censure algorithmique et sociale. Son message central reste inchangé : les faits du 7 octobre existent, ils ont été filmés par leurs auteurs, et les oublier reviendrait à les laisser gagner une deuxième fois.

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