Dieudonné M’Bala M’Bala a été condamné aujourd’hui par la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris à six mois d’emprisonnement ferme (aménagés sous bracelet électronique), 5 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour apologie du terrorisme, notamment pour des propos tenus le 7 octobre 2024.

Le polémiste, déjà condamné à de nombreuses reprises (plus d’une trentaine de décisions selon les comptes tenus lors de l’audience), comparait pour plusieurs publications sur X datant de 2024 et 2025. L’une des pièces centrales était une vidéo de deux minutes postée le 7 octobre 2024, premier anniversaire des attaques du Hamas en Israël. Dans cette séquence, largement visionnée, il qualifiait la date de « merveilleuse, extraordinaire, féerique » avant d’indiquer qu’il faisait référence à l’anniversaire de sa fille, née un 7 octobre. Le parquet y voyait une célébration à peine voilée des massacres. Un autre message, publié le 25 août 2024 au lendemain d’une attaque contre une synagogue à La Grande-Motte, était également poursuivi.

L’audience s’était tenue le 17 juin 2026. La procureure avait requis un an de prison ferme, 20 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité, soulignant une « logique de réitération » et un « fonds de commerce » autour de la provocation. Dieudonné, alors en liberté conditionnelle après une précédente peine aménagée, a plaidé la dérision et la liberté d’expression. Son avocat, Me Karim Laouafi, a demandé la relaxe en estimant que « si ce n’était pas Dieudonné, personne n’aurait été poursuivi pour ça ».

Le tribunal a retenu la qualification d’apologie du terrorisme pour les propos du 7 octobre 2024 tout en prononçant une peine inférieure aux réquisitions. La peine d’emprisonnement est aménagée sous bracelet électronique. L’inéligibilité de trois ans s’ajoute à une précédente déclaration d’inéligibilité prononcée en 2025 par le Conseil constitutionnel pour non-dépôt de comptes de campagne.

Dieudonné M’Bala M’Bala, 60 ans, s’est fait connaître comme humoriste dans les années 1990 avant de multiplier les affaires judiciaires pour injures, provocations à la haine, contestation de crimes contre l’humanité et questions fiscales. Ses spectacles font régulièrement l’objet d’interdictions administratives. La décision du 17 septembre 2026 s’inscrit dans cette longue série de procédures. Elle est susceptible d’appel.

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