SwordOfSalomon

Le 23 octobre 2026, Kevin T., 39 ans, a ouvert le feu depuis sa Renault Clio à Trappes puis à La Verrière (Yvelines) avec un pistolet-mitrailleur Sten de la Seconde Guerre mondiale. Il a tué Pengo Bossio Wangi, 26 ans, combattant de MMA d’origine africaine et de confession chrétienne, et blessé cinq autres personnes, dont une fillette de 12 ans gravement touchée. Le Parquet national antiterroriste s’est saisi des faits pour assassinat et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, avec la circonstance aggravante raciste (ciblage présumé de « Noirs » et d’« Arabes »). Les autorités, dont Emmanuel Macron, ont qualifié l’acte d’« attentat terroriste raciste ». Le suspect a déclaré vouloir « venger les commerçants » pillés lors des manifestations du 17 octobre et en avoir « marre d’eux ».

Le profil officiel : délinquance, troubles psychiatriques et éléments troublants

Kevin T., né en 1987 à Saint-Cyr-l’École et domicilié à Plaisir, était connu de la police pour des faits de droit commun (vols, stupéfiants, conduite sous l’emprise de l’alcool), mais pas des services de renseignement ni de la mouvance d’ultra-droite. Son appartement a été retrouvé piégé (bouteilles de gaz reliées à un minuteur). Les perquisitions ont mis au jour un exemplaire de Mein Kampf, ainsi qu’une Bible et un Coran. Des analyses toxicologiques ont révélé cannabis et cocaïne dans son sang. Il suivait un traitement pour schizophrénie et a été transféré en observation psychiatrique. Des proches le décrivent comme solitaire, désocialisé et consommateur de substances. Un ami d’enfance évoque un jeune homme sans radicalité politique affichée, ayant fréquenté divers milieux et tourné dans des clips de rap.

Les révélations de @SwordOfSalomon : un passé pro-palestinien en 2018

Le compte X @SwordOfSalomon, connu pour ses enquêtes OSINT visant des propos antisémites (et parfois controversé pour ses méthodes de doxxing), a publié le 25 octobre des éléments identifiant Kevin T. parmi les participants à un événement pro-palestinien organisé le 19 février 2018 à Guyancourt par l’Association France Palestine Solidarité (AFPS), dans le cadre d’une campagne (« Ouvrez la rue Shuhada ! »). Des outils de comparaison faciale auraient indiqué un score de similarité élevé. Le compte a ensuite publié des photos le montrant à proximité d’Olivier Pareja, élu de gauche à Guyancourt, membre de l’AFPS et proche de la sphère LFI. Une vidéo de l’attaque a été présentée comme confirmation visuelle (même visage, blouson, morphologie).

Le 26 octobre, @SwordOfSalomon a affirmé que Le Figaro et Mediapart confirmaient l’information. Selon le compte, Mediapart évoque des soirées de soutien à la Palestine en 2017 et 2018, et Le Figaro cite Olivier Pareja parlant d’« une ou deux réunions ». L’AFPS aurait retiré des photos de son site. Le compte souligne que ces éléments ne contredisent pas le mobile raciste allégué et s’en tient aux faits, sans spéculer sur l’évolution des convictions.

Réactions et complexité du portrait

Ces révélations ont été largement relayées, notamment par des comptes critiques de la gauche, et ont alimenté des débats sur une possible instrumentalisation. Des voix ont dénoncé des « fake news » ou une récupération politique. Par ailleurs, dans les heures suivant l’attaque, un autre Kevin T. (homonyme, également de Plaisir) avait été injustement ciblé sur les réseaux.

Le profil qui émerge est contradictoire : un homme au passé de délinquance de droit commun, isolé, sous traitement psychiatrique et sous substances, qui aurait fréquenté des milieux pro-palestiniens liés à la gauche en 2018, tout en ciblant explicitement des personnes noires et arabes en 2026, avec Mein Kampf à domicile. Mediapart a publié un article fondé sur des témoignages de proches décrivant un homme en détresse dont la haine aurait été alimentée par des discours médiatiques. L’enquête judiciaire, toujours en cours (garde à vue suspendue pour raisons psychiatriques), devra déterminer l’exactitude des liens militants, le mobile exact et l’éventuelle évolution idéologique.

Les faits établis par les autorités (arme, ciblage déclaré, classification terroriste raciste) restent centraux. Les éléments OSINT apportent une couche supplémentaire sur le parcours du suspect, illustrant les limites des narratifs simplifiés dans un contexte polarisé. L’instruction judiciaire et d’éventuelles expertises psychiatriques et biographiques clarifieront ces zones d’ombre.