Sophie Adenot

Le 8 octobre 2026, Sophie Adenot a amerri dans le Pacifique, au large de la Californie, après 235 jours passés à bord de la Station spatiale internationale (ISS). À 44 ans, la colonelle de l’Armée de l’Air et de l’Espace, ingénieur et ancienne pilote d’essai d’hélicoptères, clôt ainsi la mission εpsilon (Crew-12), sa première mission spatiale. Ce retour marque bien plus qu’une simple fin de séjour : il couronne un parcours exceptionnel qui place la Française au sommet de l’histoire spatiale européenne et française.

Un parcours hors du commun

Née le 5 juillet 1982 à Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre), Sophie Adenot a toujours rêvé d’espace. Elle a suivi une formation d’ingénieur à l’ISAE-SUPAERO, complétée par un master au MIT, avant de devenir la première femme pilote d’essai d’hélicoptères en France. Sélectionnée en 2022 parmi plus de 22 000 candidats pour rejoindre le corps des astronautes de l’Agence spatiale européenne (ESA), elle a été la première de sa promotion (« The Hoppers ») à s’envoler. Le 13 février 2026, elle a décollé de Cap Canaveral à bord d’une capsule SpaceX Dragon, devenant la deuxième Française dans l’espace après Claudie Haigneré (1996 et 2001).

À bord de l’ISS, elle a participé à plus de 200 expériences scientifiques, portant notamment sur la physiologie humaine en micropesanteur, l’échographie autonome (EchoFinder), la croissance de plantes ou encore des prototypes de combinaisons spatiales. Elle a même emporté des plats gastronomiques français signés Anne-Sophie Pic pour égayer les repas de l’équipage.

Trois sorties extravéhiculaires : le point culminant

L’exploit le plus spectaculaire reste ses sorties dans le vide spatial. Le 18 août 2026, Sophie Adenot est devenue la première Française à réaliser une sortie extravéhiculaire (EVA), en compagnie de l’Américain Anil Menon. Pendant 6 heures et 23 minutes, le duo a retiré une antenne de communication défectueuse sur la poutre Z1 de la station.

Elle a enchaîné deux autres sorties les 25 août et 1er septembre, totalisant 19 heures et 42 minutes dans le vide en seulement deux semaines. Lors de la troisième, réalisée avec Jessica Meir, elle a occupé le rôle de responsable de la sortie (combinaison à bandes rouges) : il s’agissait de la sixième EVA 100 % féminine de l’histoire de l’ISS.

Ces performances font d’elle l’Européenne ayant effectué le plus de sorties extravéhiculaires et cumulé le plus de temps hors de la station. Elle est aussi la première Européenne à avoir réalisé une EVA en combinaison américaine EMU (Samantha Cristoforetti, en 2022, avait utilisé une combinaison russe Orlan).

Pourquoi cet exploit est exceptionnel et historique

Plusieurs raisons rendent la mission εpsilon unique :

  • Première Française en sortie extravéhiculaire : Claudie Haigneré, bien que pionnière, n’avait jamais franchi le sas. Sophie Adenot ouvre ainsi une nouvelle page pour les femmes françaises dans l’espace. Seuls une poignée de Français (Jean-Loup Chrétien, Jean-Pierre Haigneré, Philippe Perrin et Thomas Pesquet) avaient auparavant réalisé des EVA.
  • Record européen de durée : Avec 235 jours en orbite (certains sources évoquent environ 237 jours au total), elle bat largement le précédent record de l’Italien Luca Parmitano (201 jours en 2019-2020). C’est la plus longue mission européenne en une seule fois, hommes et femmes confondus.
  • Rythme et confiance exceptionnels : Trois EVA en 14 jours témoignent de la confiance de la NASA et de l’ESA en ses compétences techniques et physiques. Peu d’astronautes, même expérimentés, enchaînent autant de sorties aussi rapidement.
  • Symbole pour la France et l’Europe : Onzième astronaute française, elle incarne le renouveau du vol habité européen. Sa mission s’inscrit dans la continuité de la présence française dans l’espace tout en affirmant le rôle croissant des femmes dans ce domaine encore très masculin.

Sophie Adenot a elle-même décrit les sorties comme « le point culminant » de sa mission, comparant le moment de quitter le sas à « ouvrir la portière d’une voiture et se retrouver les pieds au bord d’une falaise ». De retour sur Terre, elle retrouve la gravité, ses proches et, comme elle l’avait annoncé, une galette bretonne, avec « une pointe de nostalgie » pour le laboratoire orbital.

Cet exploit ne se résume pas à des chiffres ou à des premières. Il illustre la rigueur, le courage et l’excellence technique d’une astronaute qui, en une seule mission, a inscrit son nom durablement dans l’histoire de l’exploration spatiale. Sophie Adenot n’a pas seulement volé dans l’espace : elle a ouvert la voie.

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