Salah Hamouri est-il vraiment un terroriste comme le qualifient régulièrement les opposants de La France Insoumise ? Non, la qualification de « terroriste » n’est pas un fait établi de manière univoque et indépendante ; elle repose sur des accusations et une condamnation israéliennes contestées, dans un contexte de divergences profondes sur les faits, les procédures et les définitions.

Les accusations et décisions israéliennes

Salah Hamouri (né en 1985 à Jérusalem, avocat franco-palestinien) a été arrêté en 2005. En 2008, un tribunal militaire israélien l’a condamné à 7 ans de prison (après un accord de plaider-coupable) pour appartenance à une cellule du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et implication dans un projet d’assassinat de l’ancien grand-rabbin Ovadia Yosef. Il a été libéré anticipativement en 2011 dans le cadre de l’échange de prisonniers pour Gilad Shalit.

Le FPLP est classé organisation terroriste par Israël, les États-Unis, l’Union européenne et d’autres. Israël maintient qu’il est resté actif au sein du groupe. Sa résidence permanente à Jérusalem-Est a été révoquée (2021) pour « rupture d’allégeance » et liens avec le FPLP ; il a été placé en détention administrative (sans charges formelles ni accès aux preuves secrètes) à plusieurs reprises, puis expulsé vers la France en décembre 2022.

En mai 2026, le Shin Bet et la police israélienne ont affirmé qu’il aurait, depuis la France, recruté cinq Palestiniens de Jérusalem-Est pour une cellule du FPLP destinée à promouvoir des activités terroristes en Israël (réunions en Europe, fourniture de téléphones cryptés). Deux des suspects ont été inculpés.

La position de Hamouri et de ses soutiens

Hamouri nie systématiquement l’appartenance au FPLP et toute implication dans des activités terroristes. Pour la condamnation de 2008, il a indiqué avoir accepté le plaider-coupable sur conseil de son avocate afin d’éviter une peine beaucoup plus lourde, tout en maintenant son innocence. Il se présente comme avocat et défenseur des droits humains (notamment via l’organisation Addameer, que Israël a aussi classée comme liée au FPLP).

Des organisations comme Human Rights Watch, Amnesty International et des organes de l’ONU ont qualifié ses détentions administratives d’arbitraires, critiqué l’usage de preuves secrètes et le système de justice militaire, et vu son expulsion comme une mesure illégale (voire un crime de guerre selon certains). La France a condamné l’expulsion de 2022 comme contraire au droit et s’est mobilisée pour ses droits. Hamouri a déposé des plaintes en France visant des responsables israéliens pour détention arbitraire, torture, déportation, persécution, etc.

Points de contexte importants

  • Procédures : Les tribunaux militaires israéliens pour Palestiniens et la détention administrative (renouvelable, preuves secrètes) sont largement critiqués par des organisations de droits humains pour manque de garanties d’un procès équitable. Une grande majorité des affaires aboutissent à des accords de plaider-coupable.
  • Addameer et FPLP : Israël (et plus récemment des sanctions américaines selon certaines sources) lie Addameer au FPLP ; l’organisation et ses défenseurs rejettent cela et y voient une criminalisation du travail de défense des prisonniers.
  • Récentes accusations (2026) : Ce sont des affirmations des services israéliens ; aucune condamnation publique de Hamouri en France ou ailleurs n’en découle à ce stade, et les détails des preuves ne sont pas disponibles de manière indépendante.
  • Définition de « terroriste » : Elle varie. Israël l’applique largement aux membres ou affiliés d’organisations désignées. D’autres (soutiens de Hamouri, certains États et ONG) distinguent militantisme politique ou défense des droits humains d’actes de violence directe, et contestent la preuve de ces derniers dans son cas.

En résumé, la justice israélienne le considère comme tel sur la base de sa condamnation de 2008 et d’informations de renseignement ultérieures (souvent non publiques). Hamouri, la France, de nombreuses ONG de droits humains et une partie de la communauté internationale y voient une persécution politique d’un défenseur des droits humains, avec des procédures contestées. Aucune preuve publique et indépendante d’actes terroristes récents de sa part (au sens d’attaques concrètes qu’il aurait planifiées ou dirigées) n’est établie hors du cadre israélien. La question reste donc hautement polarisée et dépend largement du prisme juridique, politique et des standards de preuve que l’on retient.

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