
Le député LFI Thomas Portes doit comparaître jeudi 24 septembre 2026 devant le tribunal judiciaire de Paris. Il a lui-même annoncé qu’il s’y présenterait pour « défendre [sa] liberté d’expression, [son] mandat de parlementaire et le droit de dénoncer les crimes commis contre le peuple palestinien ». Un rassemblement de soutien est prévu à 12 heures devant le palais de justice.
L’affaire oppose l’élu à un soldat franco-israélien. En mars 2024, Portes avait relayé des messages identifiant nommément un jeune français de confession juive, résidant à Lyon, comme participant à des actes de torture sur des prisonniers palestiniens, à partir d’une vidéo circulant sur les réseaux sociaux. L’intéressé a nié les faits, indiqué n’avoir jamais servi à Gaza et déposé plainte pour diffamation publique en raison de la religion, divulgation d’informations personnelles exposant à un risque et provocation à la haine. Sa famille a ensuite reçu des menaces.
Portes présente cette procédure comme une attaque contre sa parole politique. Ses soutiens, notamment au sein de La France insoumise, y voient un acharnement judiciaire visant ceux qui dénoncent les actions israéliennes à Gaza. La partie civile estime au contraire que l’élu a exposé un particulier à des représailles en diffusant une accusation infondée.
Cette audience s’inscrit dans une série de procédures visant le député de Seine-Saint-Denis. En juillet 2025, il a également été renvoyé devant le tribunal correctionnel pour diffamation après un tweet de mai 2024 qualifiant le collectif « Nous vivrons » de « groupuscule violent et raciste » dont « le seul objectif » serait de « soutenir les crimes de guerre israéliens et promouvoir le génocide ». Le collectif, créé après le 7 octobre 2023, avait porté plainte avec constitution de partie civile.
Ancien cheminot syndicaliste CGT né en 1985, Thomas Portes a été élu député en 2022 puis réélu en 2024. Il préside l’Observatoire national de l’extrême droite et intervient régulièrement sur le conflit israélo-palestinien. Il a déjà été relaxé en 2021 dans une affaire d’injures publiques intentée par Génération identitaire.
Le tribunal devra apprécier si les propos relèvent de la liberté d’expression d’un parlementaire ou constituent une atteinte à l’honneur et à la sécurité d’une personne privée.