
Un Mirage 2000D de l’armée de l’Air et de l’Espace s’est écrasé le mardi 20 octobre 2026 vers 22 h 40 dans une zone boisée près de Rogéville (Meurthe-et-Moselle), à proximité de Nancy. Les deux membres d’équipage ont perdu la vie lors de ce vol d’entraînement de nuit. Leur décès a été confirmé jeudi 22 octobre par le parquet de Metz et le ministère des Armées.
L’appareil, appartenant à l’escadron de chasse 2/3 « Champagne » de la base aérienne 133 de Nancy-Ochey, rentrait de mission après la phase tactique de l’entraînement. Il volait de nuit aux instruments lorsque le contrôle aérien a perdu le contact radio et radar. Des témoins ont rapporté une forte explosion et une boule de feu. L’impact a eu lieu dans une forêt entre Rogéville, Domèvre-en-Haye et Tremblecourt. Les conditions météorologiques étaient mauvaises (nuit, brouillard), ce qui a compliqué les recherches initiales, menées à pied avec l’appui de drones. Environ 160 personnes ont été mobilisées.
À bord se trouvaient le lieutenant Quentin Klysz, 27 ans, pilote, et le lieutenant-colonel Antranig Sarkissian, 44 ans, navigateur officier systèmes d’armes (NOSA). Ni l’un ni l’autre n’a eu le temps de s’éjecter : les moteurs des deux sièges éjectables ont été retrouvés au sol. Le corps du pilote a été localisé mercredi matin ; celui du second membre d’équipage a été confirmé le lendemain. Des analyses ADN sont en cours pour finaliser l’identification. Les deux hommes sont morts « en service aérien commandé ».
Le lieutenant Quentin Klysz, breveté pilote de chasse, était affecté depuis août 2025 sur la base de Nancy-Ochey au sein de l’escadron de chasse 3/3 « Ardennes ». Il totalisait environ 450 heures de vol et se trouvait en phase de qualification de pilote de combat opérationnel sur Mirage 2000D. Le lieutenant-colonel Antranig Sarkissian, plus expérimenté, était affecté depuis 2022 à la base aérienne 113 de Saint-Dizier et commandait le champ de tir air-sol de Suippes. Il comptait 2 200 heures de vol et 55 missions de guerre, avec des déploiements en Afghanistan, au Mali, au Niger, au Soudan et au Tchad. Il détenait la qualification de chef navigateur.
L’avion, un biplace d’attaque au sol entré en service dans les années 1990 et rénové à mi-vie, ne transportait pas d’armement. Selon le commandant de la base, le colonel Ludovic Humbert, l’appareil était « très moderne » et récemment rénové, sans problème de fiabilité connu a priori. Le président Emmanuel Macron a exprimé les condoléances de la Nation. La ministre des Armées, Catherine Vautrin, et le chef d’état-major de l’armée de l’Air et de l’Espace, le général Jérôme Bellanger, ont également salué la mémoire des deux aviateurs.
Le parquet de Metz a ouvert une enquête pour destruction ou mise hors service d’un aéronef militaire par négligence, confiée à la gendarmerie de l’air et de l’espace. Une enquête de sécurité est également en cours. Aucune hypothèse n’est privilégiée pour l’instant (problème technique, facteur humain, conditions météo ou autre). Les causes exactes restent à déterminer.
Cet accident rappelle les risques inhérents à l’entraînement aérien militaire, particulièrement de nuit. Les familles, les frères d’armes de Nancy-Ochey et de Saint-Dizier, ainsi que l’ensemble de l’armée de l’Air et de l’Espace, sont en deuil. Un dispositif d’accompagnement des proches a été mis en place.