
Le 27 octobre 2026, les Israéliens se rendent aux urnes pour élire les 120 membres de la 26e Knesset. Il s’agit du premier scrutin national depuis les attaques du 7 octobre 2023 et les guerres qui ont suivi à Gaza, au Liban et avec l’Iran. La Knesset sortante a, pour la première fois depuis 1988, achevé un mandat complet de quatre ans. Environ 7,3 millions d’électeurs sont appelés à voter pour une liste de parti (scrutin proportionnel national, seuil de 3,25 %). Un gouvernement a besoin de 61 sièges.
Les derniers sondages montrent une course très serrée. Le parti Yashar de Gadi Eisenkot (ancien chef d’état-major de Tsahal) est souvent en tête ou à égalité avec le Likud de Benjamin Netanyahu, chacun autour de 19-23 sièges. Ni le bloc pro-Netanyahu ni le bloc d’opposition n’atteint clairement les 61 sièges nécessaires. Les petits partis proches du seuil et les listes arabes (Joint List, Ra’am) joueront un rôle potentiellement déterminant. Un blocage, des négociations de coalition longues ou de nouvelles élections restent possibles.
L’enjeu pour Benjamin Netanyahu
Pour le Premier ministre sortant, le plus long au pouvoir de l’histoire israélienne (environ 19 ans au total), l’enjeu est existentiel : rester au pouvoir ou non. Ce scrutin est largement perçu comme un référendum sur sa gestion de la sécurité après le 7 octobre 2023, la guerre à Gaza et les conflits régionaux. Netanyahu se présente comme le candidat de la sécurité et de la fermeté face à l’Iran, tout en s’opposant fortement à toute inclusion de partis arabes dans un gouvernement. Son bloc (Likud + partis ultraorthodoxes + extrême droite : Otzma Yehudit, Religious Zionism-Zehut) est affaibli dans les sondages et dépend de partenaires très à droite.
Au-delà du pouvoir politique, des enjeux personnels et judiciaires pèsent lourdement :
- Procès pour corruption : Netanyahu est toujours jugé dans plusieurs affaires (notamment Case 4000, avec des accusations de corruption, fraude et abus de confiance liées à des relations avec des médias et des entreprises). Le procès se poursuit, avec des audiences accélérées. Rester Premier ministre lui offre une protection politique et institutionnelle ; une défaite affaiblirait fortement sa position face à la justice.
- Mandat d’arrêt de la CPI : La Cour pénale internationale a émis un mandat d’arrêt contre lui. Rester au pouvoir réduit les risques concrets d’arrestation à l’étranger.
- Survie politique : À 77 ans, sans successeur clairement préparé au sein du Likud, une défaite ou un blocage pourrait marquer la fin de son ère. Même en cas d’échec pour former un gouvernement, il resterait Premier ministre de transition avec des pouvoirs limités jusqu’à d’éventuelles nouvelles élections.
Les analystes soulignent qu’aucun camp n’a de chemin clair vers une majorité. Si le bloc d’opposition (Eisenkot, Bennett/Lapid, Lieberman, etc.) gagne des sièges significatifs, la formation d’un gouvernement sans Netanyahu dépendra de sa capacité à s’allier ou à obtenir un soutien passif des partis arabes — un sujet explosif en Israël. Dans le cas inverse, Netanyahu pourrait reconduire une coalition très à droite.
En résumé, le 27 octobre ne décide pas seulement de la prochaine majorité : pour Benjamin Netanyahu, il s’agit de préserver son pouvoir, de se protéger juridiquement et de maintenir sa domination politique après des années de crises, de guerres et de procès. Les résultats (sondages de sortie le soir du 27, résultats officiels vers le 4 novembre) seront suivis de près, tant en Israël qu’à l’étranger.