Greek Orthodox Church

Au moins sept personnes ont été tuées et plusieurs dizaines d’autres blessées ce vendredi 23 octobre 2026 lors d’une fusillade perpétrée devant et dans l’enceinte d’une église grecque-orthodoxe du village de Hammoud (ou Hamoud), dans le gouvernorat de Karak, au sud de la Jordanie. L’attaque, survenue pendant des funérailles, a été qualifiée d’acte terroriste par les autorités et le roi Abdallah II.

Selon la Direction de la sécurité publique et des sources officielles jordaniennes, des hommes armés (deux ou trois selon les témoignages et images) sont sortis d’un véhicule et ont ouvert le feu sur la foule rassemblée pour un cortège funéraire à l’extérieur et aux abords de l’église Saint-Georges (ou Hammoud Church). Des images de vidéosurveillance diffusées par la télévision publique Al-Mamlaka et vérifiées par plusieurs médias montrent les assaillants, armés de pistolets et d’au moins une arme semi-automatique ou fusil d’assaut type AK-47, tirant pendant plusieurs minutes avant de s’enfuir. Des témoins ont indiqué que les tirs ont duré environ cinq minutes et que 150 à 200 personnes étaient présentes à l’intérieur et à l’extérieur de l’édifice. La plupart des victimes décédées seraient âgées de 50 à 70 ans.

Le bilan a évolué au cours de la journée : certaines sources officielles ont d’abord fait état de six morts et 28 blessés, avant que d’autres, dont le directeur de la sécurité publique, n’évoquent sept morts et 34 blessés (dont une vingtaine ou plus encore hospitalisés, certains dans un état grave). Des images des lieux ont montré des traces de sang près de l’entrée de l’église. Une vaste opération de recherche a été lancée pour retrouver les auteurs, toujours en fuite au moment des dernières informations. Aucune revendication n’a été immédiatement formulée.

Le ministre de l’Intérieur, Mazen Al-Faraya (ou Al Farrayeh selon les transcriptions), a décrit l’attaque comme l’œuvre d’« un groupe d’extrémistes ». Le roi Abdallah II a publié un message sur X condamnant un « attentat terroriste » et promettant la riposte « la plus sévère » ainsi qu’une réponse « à main de fer ». Il a souligné l’unité des Jordaniens « du nord au sud » face à toute tentative de division et a présenté ses condoléances aux familles des victimes. Le souverain s’est rendu dans la région et a visité des blessés à l’hôpital. Trois jours de deuil national ont été évoqués dans certains rapports.

Cette attaque, rare contre la minorité chrétienne du royaume (estimée à environ 2 à 3 % de la population, à majorité sunnite), a touché une communauté locale importante à Karak. Le village de Hammoud compte une présence chrétienne historique et deux églises (grecque-orthodoxe et grecque-catholique). Des sources locales ont noté que les funérailles rassemblaient des membres de différentes communautés. Des condamnations ont été émises par des organisations chrétiennes, notamment le Patriarcat grec-orthodoxe de Jérusalem et L’Œuvre d’Orient.

La Jordanie a connu des incidents sécuritaires par le passé dans la région de Karak (notamment en 2016), mais les attaques de cette ampleur visant directement des lieux de culte chrétiens restent exceptionnelles. Les enquêtes se poursuivent pour déterminer les motivations exactes et d’éventuels liens avec des groupes extrémistes. Les autorités ont insisté sur le caractère terroriste de l’acte et sur la nécessité de préserver la cohésion nationale.

Les chiffres des victimes restent susceptibles d’évoluer et les informations sur les auteurs et le mobile restent préliminaires en l’absence de revendication officielle ou d’arrestations confirmées.