
L’annonce de la déprogrammation de l’édition 2026 du NAME Festival à La Condition Publique de Roubaix a provoqué une vive polémique, avec des positions très tranchées entre les organisateurs, la mairie et le public.
Réaction des organisateurs (Art Point M)
L’association a publié un communiqué le 1er septembre 2026 : « Ce n’est pas notre choix. » Elle affirme avoir appris la décision « au cœur de l’été » et accuse la nouvelle majorité municipale (David Guiraud, LFI) d’avoir demandé la déprogrammation.
Sabine Duthoit, porte-parole, a déclaré : « On n’annule pas un festival quatre mois avant ! On est tristes, et en colère. » Les organisateurs soulignent :
- Un préjudice économique important pour une structure déjà fragilisée.
- Qu’ils avaient prévu un format réduit (jauge passée de 5 000 à 1 300 personnes) pour limiter les nuisances.
- Que réduire le festival à des « incivilités isolées » constitue « une forme de stigmatisation des musiques électroniques et de son public », en passant sous silence le programme pédagogique (centaines d’enfants accueillis chaque année), les actions sur l’égalité et la mise en avant d’artistes féminines.
Position de la mairie de Roubaix
La Ville confirme un « moratoire » après une réunion avec des riverains du quartier du Pile, qui ont exprimé une « lassitude face à des nuisances qui perdurent depuis plusieurs années ». La tranquillité des habitants est présentée comme un engagement de campagne « non négociable ».
David Guiraud et son cabinet ont accusé les organisateurs de « mépris politique et social » envers les habitants du quartier populaire. La mairie se dit toutefois « pleinement engagée aux côtés d’Art Point M » et propose de travailler à des éditions futures « mieux adaptées à la vie du quartier », éventuellement dans d’autres lieux ou friches de la ville moins gênants pour les riverains.
Un communiqué municipal sur Instagram affirmait : « Les habitants de Roubaix et du quartier du Pile ne peuvent plus être méprisés ! »
Réactions publiques et médiatiques
Les réactions sont polarisées :
- Soutien aux organisateurs : de nombreux festivaliers, artistes et acteurs culturels dénoncent une « censure » de la culture techno et une décision tardive. Des comptes sur X parlent d’hypocrisie de LFI, qui défend habituellement les cultures underground et les free parties. Un témoignage d’habitante de Roubaix largement relayé interroge : pourquoi déprogrammer un festival de quelques nuits alors que des nuisances quotidiennes (squats, crack, rodéos, cris la nuit) persistent toute l’année dans d’autres quartiers ?
- Soutien à la mairie : certains riverains et soutiens de la nouvelle majorité saluent la priorité donnée aux habitants d’un quartier populaire plutôt qu’à un événement perçu comme décalé.
- Politisation : l’opposition locale (dont d’anciens élus à la culture) critique la décision. Sur les réseaux, le débat tourne souvent à l’affrontement gauche/droite, avec des comparaisons sur ce que serait la réaction si une municipalité RN avait pris la même mesure.
En résumé, les organisateurs parlent de stigmatisation et de préjudice, la mairie de protection des riverains et de mépris social, tandis que le public est divisé entre défense de la culture électro historique et priorité aux habitants du quartier.