
Eli Sultan est un quinquagénaire Français de confession juive qui tient une librairie à Paris. Il a été au centre de deux affaires médiatisées liées à des accusations d’antisémitisme, à environ un an d’intervalle.
Affaire de juillet 2025 à Lainate, près de Milan (Italie)
Lors d’un voyage en famille avec son fils de 6 ans, il s’est arrêté sur l’aire de service Villoresi Ovest. Selon sa version, des personnes l’ont pris à partie en raison de sa kippa, avec des insultes (« Free Palestine », « assassins », « rentrez chez vous », etc.), puis une agression physique (coups de pied et de poing) à la sortie des toilettes, sous les yeux de son fils. Il a filmé une partie des échanges verbaux ; la vidéo a circulé. La procureur de Milan a ouvert une enquête pour violence aggravée par la haine raciale.
Une famille d’origine moyen-orientale identifiée a contesté cette version : selon elle et son avocat, Sultan aurait initié les insultes (« terroristes », etc.) et frappé en premier. Des plaintes croisées ont été déposées. Sultan a aussi été mis en cause pour lésions aggravées par la haine raciale. Les enquêtes préliminaires ont été clôturées en août 2026, orientées vers un éventuel procès. Sultan a déclaré qu’il continuerait à porter la kippa avec fierté et qu’il reviendrait en Italie.
Affaire d’août 2026 aux Deux-Alpes (Isère)
Dans une station de luge d’été, la commerçante d’une buvette a tenu des propos visant les Juifs (« La communauté juive, vous êtes trop nombreux », etc.). Sultan a filmé et diffusé la scène, qui est devenue virale. Il a témoigné notamment sur CNEWS, demandant des actes concrets au-delà des condamnations verbales. Il a précisé qu’un passage antérieur dans le commerce s’était bien passé.
Aurore Bergé, ministre chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a fermement condamné les propos et actes en question dès le 15 août 2026.
Dans un communiqué publié sur X (Twitter), elle a déclaré notamment :
- « Aucun acte antisémite, aucun acte raciste, aucun acte de haine ne saurait être toléré. L’antisémitisme et le racisme ne sont pas des opinions mais des délits. »
- Elle a qualifié les faits d’« actes et propos antisémites » (refus d’accès à la buvette au prétexte que « la communauté juive serait trop nombreuse »).
Elle a également précisé que :
- L’auteure des propos était convoquée et serait auditionnée par la gendarmerie nationale dès ce samedi-là.
- Elle avait demandé à la préfète de l’Isère de procéder immédiatement à un signalement au procureur de la République, sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale.
La commerçante a reconnu les propos lors de son audition.