
Maire de Cannes depuis 2014, président de l’Association des maires de France (AMF) et fondateur du mouvement Nouvelle Énergie, David Lisnard s’est imposé en quelques mois comme l’une des figures montantes de la droite en vue de l’élection présidentielle de 2027. Après avoir quitté Les Républicains le 31 mars 2026 et annoncé sa candidature le soir même au 20 heures de France 2, il progresse régulièrement dans les intentions de vote, tout en plaidant pour une primaire ouverte de la droite et du centre.
Un parcours ancré dans le local
Né le 2 février 1969 à Limoges, David Lisnard est diplômé de Sciences Po Bordeaux. Issu d’une famille liée à Cannes – son arrière-grand-père a construit le marché Forville et ses grands-parents y tenaient un hôtel –, il a d’abord exercé dans le commerce avant de s’engager en politique. Conseiller municipal dès 2001, il devient maire en 2014 et est réélu largement au premier tour en 2020 (environ 88 %) puis en 2026 (81 %). Il préside aussi la communauté d’agglomération Cannes Pays de Lérins et est président de l’AMF depuis 2021, où il porte notamment les libertés locales et le statut des élus.
Après un long parcours au RPR, à l’UMP puis à LR, il a créé Nouvelle Énergie, un mouvement libéral de droite, et a quitté LR en dénonçant ses « ambiguïtés » avec la macronie. Il revendique un projet « libéral, sécuritaire, éducatif et scientifique » et reste favorable à une grande primaire ouverte à droite et au centre.
Une dynamique sondagière réelle, mais encore limitée
Les enquêtes récentes confirment une progression. Dans le dernier sondage IFOP pour LCI (terrain du 27 au 29 octobre 2026), Lisnard est crédité de 7 à 9 % selon les hypothèses testées. D’autres instituts (Ipsos, Cluster17, Harris, Elabe) le placent généralement entre 5,5 et 8 % ces dernières semaines. Il se retrouve souvent devant ou au niveau de Bruno Retailleau dans les configurations multi-candidats, alors qu’il stagnait autour de 2-4 % plus tôt dans l’année. Dans une hypothèse où il serait le seul candidat de la droite et du centre (sans Édouard Philippe ni Retailleau), certains sondages le portent jusqu’à 17 %.
Cette montée reste relative : il figure généralement en sixième ou septième position, loin derrière Marine Le Pen, Jean-Luc Mélenchon ou Édouard Philippe, et ses chances d’accéder au second tour restent faibles selon les modèles. Son électorat est plus fort chez les plus de 65 ans, les indépendants et les cadres. Le mouvement Nouvelle Énergie revendique une forte progression des adhérents et une visibilité accrue en ligne.
Un programme libéral et décentralisateur
Lisnard défend une droite libérale, distincte à la fois du macronisme et du RN (il a exclu toute gouvernance avec ce dernier). Ses axes principaux incluent une réduction massive des dépenses publiques (objectif de 80 milliards d’euros dès la première année, puis 200 milliards en rythme de croisière, jusqu’à 300 milliards), une baisse des charges pour augmenter les salaires nets, et un « capitalisme populaire ». Sur le régalien, il plaide pour un contrôle renforcé des flux migratoires et une justice plus ferme. L’énergie est prioritairement nucléaire, avec moins de subventions aux renouvelables intermittents. Il insiste aussi sur la décentralisation, l’autonomie locale, le libre choix dans l’éducation et une réforme de l’État-providence.
Le succès local à Cannes (gestion de la dette, sécurité, attractivité) sert de vitrine à son discours de « bon sens » et de résultats.
Les défis à venir
La progression de Lisnard fragmente encore davantage le champ de la droite et du centre, déjà concurrent entre Philippe, Attal, Retailleau et d’autres. Sa capacité à convaincre au-delà de son socle local et de Nouvelle Énergie, à clarifier durablement sa position vis-à-vis du RN et à transformer la dynamique sondagière en véritable force de second tour reste le principal enjeu. À plus d’un an de l’élection, il incarne pour l’instant une alternative libérale et décentralisatrice qui gagne en crédibilité, sans encore menacer les favoris.