Ecole maternelle Clément Roassal

Le lundi 2 novembre 2026, vers 9 heures, une femme de 36 ans, mère de deux enfants scolarisés à l’école maternelle Clément-Roassal (près du centre de Nice), a séquestré et agressé la directrice pendant près d’une heure, avant de gifler et de menacer une enseignante. Selon le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, elle a pointé une arme de poing sur la directrice, actionné la détente à deux reprises sans qu’un coup parte (en évoquant un jeu de « roulette russe » et en précisant n’avoir que deux balles), l’a giflée, lui a tiré les cheveux, l’a frappée avec l’arme et lui a posé un couteau sur la joue. Elle a également giflé une autre enseignante en quittant les lieux.

La suspecte, née en Tunisie et affirmant une double nationalité tunisienne et italienne, a été interpellée et placée en garde à vue (prolongée). Une enquête a été ouverte pour tentative de meurtre sur personne chargée d’une mission de service public, séquestration et infractions liées aux armes. Elle a reconnu avoir acheté l’arme et un couteau peu avant, confié ses enfants et voulu « faire peur » en accusant l’établissement d’agressions sexuelles sur un de ses enfants (accusations non établies à ce stade). Elle a filmé une partie des faits et exprimé des regrets en garde à vue. Le parquet a requis son placement en détention provisoire.

Son profil a rapidement été précisé : elle était sous OQTF (obligation de quitter le territoire français) depuis 2019, assignée à résidence, connue du renseignement territorial et inscrite au FSPRT (fichier de suivi des signalements pour radicalisation à caractère terroriste) après un signalement en 2019. Elle avait déjà été condamnée pour violences avec arme (notamment en 2019) et avait tenté de s’évader pendant une perquisition.

Réactions politiques contrastées

Le maire de Nice, Éric Ciotti (UDR), s’est rendu sur place dès le matin et a dénoncé une agression « d’une violence inouïe et particulièrement grave », provoquant « un choc majeur dans toute la communauté éducative niçoise ». Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a qualifié les faits d’« intolérables » et s’inscrivant dans une « banalisation de la violence ». Jordan Bardella (RN) a évoqué un « ensauvagement ». Le rectorat et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez ont également communiqué sur le profil de la suspecte et le soutien aux victimes (protection fonctionnelle accordée).

En revanche, les députés et les dirigeants de La France Insoumise (LFI) n’ont, à ce stade (plus de 48 heures après les faits), publié aucune réaction publique notable sur leurs comptes officiels ou dans les médias. Les publications récentes de Jean-Luc Mélenchon et du compte @FranceInsoumise portent sur leur programme « L’Avenir en commun », le système de santé ou d’autres sujets, sans mention de l’agression niçoise. Des critiques, notamment sur X, soulignent ce silence, contrastant avec les prises de position rapides de LFI sur d’autres faits divers ou manifestations (comme l’attentat de Trappes ou des violences lors de mobilisations lycéennes).

Cette absence de réaction intervient alors que LFI met souvent en avant la défense de l’école publique et la lutte contre les violences. Des observateurs y voient une difficulté liée au profil de la suspecte (situation irrégulière, radicalisation islamiste), dans un contexte où le parti est parfois accusé de clientélisme ou de réticence à aborder certains sujets sécuritaires. Aucune déclaration de députés LFI locaux (Alpes-Maritimes) n’a non plus été relayée de manière significative.

L’affaire a choqué la communauté éducative niçoise. Les deux victimes, choquées mais présentes dès le lendemain, bénéficient d’un accompagnement psychologique et de l’équipe mobile de sécurité du rectorat. Un syndicat a pointé l’absence d’agent de surveillance de la voie publique (ASVP) spécifique à la maternelle, malgré une demande antérieure de la directrice. L’enquête judiciaire se poursuit.