
Une collision frontale par l’arrière entre deux trains à grande vitesse a fait au moins 68 morts ce mercredi 28 octobre 2026 près d’Urda, dans la province de Tolède (Castille-La Manche), à environ 140-150 km au sud de Madrid. Le bilan, encore provisoire, pourrait s’alourdir. Des dizaines de blessés, dont une quinzaine dans un état grave ou critique, sont également à déplorer.
L’accident s’est produit vers 8 h 53-8 h 54 sur la ligne à grande vitesse Madrid-Andalousie (direction Séville). Un train AVE de la compagnie nationale Renfe, transportant près de 400 passagers, a percuté par l’arrière un train Iryo (opérateur privé détenu majoritairement par Trenitalia) qui était à l’arrêt, avec environ 147 passagers à bord, dont un bébé. Plusieurs wagons de l’Iryo ont déraillé et sont tombés dans le talus, provoquant des scènes de désolation au milieu des oliveraies.
Selon le ministre des Transports Óscar Puente, le système de signalisation et de sécurité LZB est tombé en panne vers 8 h 30 sur un tronçon d’environ 63 km, entraînant l’arrêt automatique de plusieurs trains, dont les deux concernés. Quelques minutes plus tard, le centre de contrôle d’Atocha a autorisé la reprise de la marche du train Renfe « avec normalité », malgré un signal rouge et la présence du train Iryo immobilisé. En un quart d’heure, l’AVE a parcouru environ 25 km avant de heurter le convoi arrêté à une vitesse encore non précisée, en pleine ligne droite. Le ministre a qualifié cette décision d’« inexplicable » et d’« erreur » humaine, tout en écartant pour l’instant sa démission.
Le Premier ministre Pedro Sánchez, arrivé sur place dans l’après-midi, a déclaré que « toute l’Espagne est en deuil » et a décrété trois jours de deuil national, du jeudi 29 au samedi 31 octobre. Il a promis de « faire toute la lumière » et de réagir « avec force » en cas de négligences ou de défaillances du système de sécurité. Une commission indépendante d’accidents ferroviaires et les autorités judiciaires sont saisies.
Parmi les victimes figure notamment un agent de la Guardia Civil. L’ancienne ministre de l’Emploi Fátima Báñez (Parti populaire), présidente de la CEOE, est portée disparue. Les secours (pompiers, Guardia Civil, hélicoptères, unités de soins intensifs mobiles) ont été massivement déployés ; des appels au don de sang ont été lancés. La circulation reste interrompue sur la ligne Madrid-Andalousie.
Cet accident intervient moins d’un an après la catastrophe d’Adamuz (Andalousie) en janvier 2026, qui avait fait une quarantaine de morts sur la même liaison à grande vitesse. Il s’agit de l’une des pires catastrophes ferroviaires espagnoles de ces dernières années, ravivant les interrogations sur la sécurité du réseau à grande vitesse.
Les familles des passagers vivent un véritable calvaire dans l’attente de nouvelles. Les autorités ont ouvert des bureaux pour identifier rapidement les victimes.