
Ce mardi 29 septembre 2026, une équipe de BFMTV a été insultée, molestée et contrainte de quitter les abords du lycée Paul-Éluard à Saint-Denis alors qu’elle couvrait le blocage de l’établissement par des lycéens. Deux journalistes ont dû être exfiltrés pour des raisons de sécurité. La chaîne s’est associée à leur dépôt de plainte.
Une vidéo a ensuite circulé, dans laquelle une lycéenne revendique l’éviction des journalistes : « Aujourd’hui, on a viré BFM parce que BFM est un média raciste […]. S’ils reviennent, on va les chasser encore une fois et encore et encore parce que nous ne voulons pas de média raciste. » Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, a republié cette séquence sur X en commentant simplement : « Elle a raison ! »

La Société des journalistes de BFMTV a immédiatement qualifié cette réaction d’« inadmissible ». « Un élu de la République ne devrait pas soutenir les violences contre les médias », a-t-elle écrit. Le directeur général de la chaîne, Fabien Namias, a dénoncé dans un message interne qu’« un élu a jugé utile, sur ses réseaux sociaux, d’approuver cette violence ». « Aucune conviction, aucun engagement ne saurait justifier cette brutalité scandaleuse », a-t-il ajouté, tout en réaffirmant que BFMTV continuerait à informer « en veillant à la sécurité de nos journalistes ».
Ce type d’hostilité n’est pas isolé. Les partis d’extrême, qu’ils soient de gauche radicale ou de droite radicale, ont une longue habitude de s’en prendre aux journalistes dès qu’ils ne relaient pas leur récit. LFI et ses élus qualifient régulièrement certains médias de « racistes », « menteurs » ou « au service du système ». En avril 2026 déjà, une journaliste de BFMTV avait été violemment poussée par un membre du service d’ordre de La France insoumise lors d’un rassemblement organisé à Saint-Denis. L’extrême droite, de son côté, multiplie les accusations de « journalistes complices » et les intimidations contre ceux qui enquêtent sur elle. Dans les deux cas, le résultat est le même : la liberté d’informer est présentée comme un obstacle à éliminer plutôt que comme un pilier démocratique.
L’agression de Saint-Denis et le soutien public du maire illustrent une banalisation préoccupante. Quand un élu de la République approuve que des journalistes soient chassés et agressés sous prétexte qu’ils représenteraient un « média raciste », il ne défend pas les lycéens. Il légitime la violence contre ceux dont le métier est précisément de rendre compte de la réalité, y compris dans les quartiers populaires.