
Le 26 septembre 2026, la députée LFI Alma Dufour a publié sur X : « Terrifiant. La banalisation des idées d’extrême droite, anti-progressistes, fait exploser les tentatives d’attentat dans notre pays. Il est temps de sortir de la complicité passive. Soutien aux blessés et aux manifestants. » Elle citait un article de franceinfo relatant qu’une voiture avait renversé des participants à une marche pour le climat à Clermont-Ferrand.

Le tweet est resté en ligne malgré une note de la communauté et de nombreux démentis factuels. Il transforme un fait divers criminel en preuve d’une vague d’attentats d’extrême droite.
Les faits établis par le procureur, pas par une députée
Vers 11 heures, rue Saint-Hérem, un homme de 37 ans a forcé le passage dans le cortège. Quatre personnes (parfois cinq selon les premiers comptes) ont été légèrement blessées. Le conducteur a été interpellé sur place.
Le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Éric Serfass, a été clair dès le jour même : l’homme était « manifestement impatient face au ralentissement de la circulation » et a « voulu forcer le passage malgré la présence de très nombreux piétons marchant dans le calme ». Les tests ont révélé une consommation de stupéfiants. L’enquête a été ouverte pour violences volontaires avec arme (le véhicule). La piste terroriste a été explicitement écartée : « aucun élément lié à un comportement de type attentat n’est relevé », « il n’y a pas de notion de terrorisme ».
Aucun lien politique, aucun profil d’extrême droite, aucune revendication. Un automobiliste sous drogue, pressé, qui force un cortège. C’est tout.
Un cadrage mensonger dès le départ
Dufour n’a pas attendu les précisions du parquet, pourtant disponibles très rapidement. Elle a immédiatement parlé de « tentatives d’attentat » au pluriel, d’une « explosion » causée par « la banalisation des idées d’extrême droite, anti-progressistes », et de « complicité passive ». Le mot « attentat » n’est pas un détail : il désigne une action violente à visée politique ou idéologique. Ici, les autorités l’ont écarté.
Cette formulation n’est pas une maladresse. Elle s’inscrit dans une habitude de LFI consistant à relier tout incident impliquant des militants de gauche ou des causes « progressistes » à l’extrême droite, même quand les faits disent le contraire. Le tweet sert une thèse politique : l’extrême droite banalisée produit une violence terroriste croissante. L’incident de Clermont-Ferrand ne l’illustre pas.
Les notes de la communauté et les réactions sur X ont rapidement rappelé les déclarations du procureur. Des utilisateurs ont souligné qu’il s’agissait d’un « imbécile pressé » sous stupéfiants, pas d’un attentat. Dufour n’a ni corrigé ni supprimé.
Les chiffres du terrorisme ne valident pas le récit
Les données du Parquet national antiterroriste et des services de renseignement montrent que la menace principale reste djihadiste : autour de 87 % des procédures en 2025. Des attentats ont été commis et plusieurs projets déjoués dans cette mouvance. L’ultra-droite est suivie, des projets ont été déjoués et un attentat mortel a eu lieu à Puget-sur-Argens en 2025. Mais rien n’indique une « explosion » de tentatives d’attentat imputable à la « banalisation des idées d’extrême droite » qui expliquerait l’incident de Clermont-Ferrand.
Présenter un conducteur drogué et impatient comme le symptôme d’une banalisation idéologique d’extrême droite est une distorsion. C’est aussi une forme de déni des causes réelles de la violence : ici, la consommation de drogue et l’impatience au volant, pas un manifeste politique.
Le tweet n’est pas une erreur de timing. C’est un choix : privilégier le récit partisan à la réalité judiciaire. Une élue de la République qui refuse de rectifier un propos contredit le jour même par le parquet pratique une forme de malhonnêteté intellectuelle. Les blessés de Clermont-Ferrand méritaient mieux qu’une instrumentalisation.