
Les élections législatives russes, organisées du 18 au 20 septembre 2026, se sont achevées dimanche soir comme prévu : Russie unie, le parti du président Vladimir Poutine, arrive largement en tête. Il s’agissait des premières élections à la Douma d’État depuis le début de l’offensive à grande échelle contre l’Ukraine en février 2022.
Selon le sondage à la sortie des urnes du VCIOM, institut d’État, Russie unie obtient 49,4 % des voix, un score proche de celui de 2021. Les premiers dépouillements officiels, portant sur environ 14 % puis 23 % des protocoles, donnent au parti au pouvoir environ 57 %. Derrière, le Parti communiste (KPRF) se situe autour de 14 %, le LDPR (nationaliste) autour de 9-10 %, Nouveaux gens près de 8 % et Russie juste un peu au-dessus de 5 %. Cinq formations devraient donc siéger. La participation a atteint environ 56,7 %, un niveau plus élevé qu’en 2021.
La Douma compte 450 sièges : 225 attribués à la proportionnelle nationale (seuil de 5 %) et 225 dans des circonscriptions uninominales. Russie unie devrait conserver une majorité confortable, voire constitutionnelle, lui permettant de continuer à soutenir la politique du Kremlin jusqu’à l’élection présidentielle de 2030.
Le scrutin s’est déroulé dans un cadre très contrôlé. Le parti libéral Iabloko, seul à s’opposer frontalement à la guerre, a été écarté par la justice. Seules des formations « systémiques », qui soutiennent à des degrés divers le pouvoir et la poursuite du conflit, ont pu concourir. L’opposition en exil avait appelé les Russes hostiles à la guerre à voter contre Russie unie à midi pile dimanche, pour rendre visible leur nombre. Le vote a aussi eu lieu dans les territoires ukrainiens occupés et annexés par Moscou.
Le dernier jour du scrutin a été marqué par une attaque de drones ukrainiens d’une ampleur inédite contre la région de Moscou. Les autorités russes ont déclaré avoir intercepté plus de 1 600 drones, dont 450 en approche de la capitale. Deux personnes ont été tuées dans la région de Moscou et une vingtaine blessées. Une raffinerie a été endommagée et un immeuble résidentiel touché. Le maire de Moscou, Sergueï Sobianine, a accusé Kiev de vouloir perturber les élections. L’Ukraine n’a pas officiellement revendiqué l’attaque dans ces termes, mais Volodymyr Zelensky a évoqué des frappes de longue portée contre des infrastructures énergétiques et logistiques.
Vladimir Poutine avait présenté ces élections comme un baromètre du soutien à « l’opération militaire spéciale ». Le résultat, largement attendu, permet au Kremlin d’afficher une continuité politique. Les observateurs indépendants et les médias occidentaux soulignent toutefois l’absence de véritable concurrence et les limites imposées à toute voix dissidente. Les résultats définitifs devraient être connus dans les prochains jours.