PARIS — L’ancienne ministre de la Justice et de la Culture Rachida Dati comparaît ce mercredi 16 septembre 2026 devant le tribunal correctionnel de Paris. L’audience s’ouvre à 13 h 30 devant la 32e chambre. Elle est jugée notamment pour corruption passive, trafic d’influence passif et recel d’abus de pouvoir et d’abus de confiance.

L’affaire remonte à la période 2009-2013, alors qu’elle siégeait au Parlement européen. Elle avait signé une convention d’honoraires avec RNBV, filiale néerlandaise de l’alliance Renault-Nissan alors présidée par Carlos Ghosn. Cette convention prévoyait une rémunération forfaitaire annuelle de 300 000 euros hors taxes. Au total, 900 000 euros lui ont été versés entre 2010 et 2012.

Le parquet national financier estime que ce contrat d’avocate a servi à dissimuler une activité de lobbying en faveur du constructeur automobile au sein de l’hémicycle européen, activité incompatible avec son mandat d’eurodéputée. L’accusation parle d’un « pacte de corruption ». Rachida Dati nie fermement. Elle affirme avoir réalisé un véritable travail juridique sur des dossiers internationaux et qualifie les poursuites d’instrumentalisation politique.

Carlos Ghosn, renvoyé pour corruption active, trafic d’influence actif, abus de pouvoir et abus de confiance, est également visé. En fuite au Liban depuis 2019, il a demandé le report du procès tout en se disant prêt à s’expliquer par visioconférence. La question du renvoi devait être tranchée à l’ouverture de l’audience. Six après-midi d’audience sont prévus jusqu’au 28 septembre.

Rachida Dati encourt jusqu’à dix ans d’emprisonnement et 450 000 euros d’amende, soit la moitié des honoraires perçus. Elle risque également cinq ans d’inéligibilité, peine complémentaire qui pourrait la priver de son mandat de maire du 7e arrondissement de Paris. L’ancienne garde des Sceaux a récemment demandé sa réintégration dans la magistrature.

Après plus de quarante recours déposés pendant l’instruction, le procès s’ouvre donc ce mercredi. Rachida Dati s’est dite « déterminée et combative ». Le verdict permettra de dire si les 900 000 euros correspondaient à des prestations d’avocate ou à une activité de lobbying interdite.

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