Avant le 7 octobre 2023, le Hamas a gouverné la population de Gaza de manière autoritaire, en combinant une répression stricte de toute opposition, une surveillance intrusive, des restrictions sociales et un système de patronage, tout en fournissant certains services sociaux dans un contexte de pauvreté généralisée.

Répression et contrôle policier

Depuis sa prise de contrôle violente de Gaza en 2007, le Hamas a instauré un régime sans élections (la dernière datant de 2006) et sans tolérance pour la critique. Les forces de sécurité internes (dont le Service de sécurité générale sous Yahya Sinwar) surveillaient étroitement la population via un réseau d’informateurs, parfois des voisins. Des fichiers étaient constitués sur les journalistes, les jeunes, les dissidents, ceux qui protestaient ou critiquaient le gouvernement sur les réseaux sociaux, et même parfois sur des relations sentimentales hors mariage.

Les arrestations arbitraires, les interrogatoires, les passages à tabac et la torture étaient fréquents, selon des rapports de Human Rights Watch, Amnesty International et la Commission indépendante des droits de l’homme palestinienne. Les journalistes, activistes, membres ou sympathisants du Fatah, et critiques étaient particulièrement ciblés. Des manifestations, comme le mouvement « We Want to Live » en 2019 (contre le coût de la vie, le chômage et les taxes), ont été violemment dispersées, avec des centaines d’arrestations, de coups et de menaces.

Des exécutions extrajudiciaires de« collaborateurs » présumés avec Israël ou d’opposants politiques ont eu lieu, surtout pendant les conflits (par exemple en 2008-2009 et 2014), parfois en public. Le Hamas a aussi imposé des restrictions sur les femmes (autorisation d’un tuteur masculin pour voyager à partir de 2021, interdictions de certaines activités artistiques ou sociales jugées non islamiques).

Conditions de vie et gestion économique

La population (environ 2,3 millions d’habitants) vivait dans une pauvreté élevée (plus de 50 % selon certaines estimations), avec un chômage des jeunes souvent autour de 60-70 %, des pénuries d’électricité, d’eau et de soins, et une forte dépendance à l’aide internationale. Le Hamas prélevait des taxes et contrôlait les tunnels de contrebande, mais une part importante des ressources (y compris l’aide) était orientée vers l’appareil militaire plutôt que vers le développement civil.

Il existait un système de patronage : les partisans et familles liées au Hamas bénéficiaient en priorité d’emplois, d’aide et de services, tandis que le reste de la population (souvent estimé à 70 %) était relégué au second plan. Des sondages (Palestinian Center for Policy and Survey Research, Washington Institute) montraient avant 2023 une insatisfaction notable : beaucoup de Gazaouis priorisaient l’amélioration des conditions de vie (emploi, santé, éducation) plutôt que la « résistance armée », et une part importante jugeait le gouvernement corrompu. Certains rêvaient de quitter Gaza.

Services sociaux et endoctrinement

Le Hamas a maintenu un réseau de charité et de services sociaux (écoles, aide) hérités de ses origines, ce qui a consolidé son ancrage auprès d’une partie de la population. Cependant, l’éducation et les médias sous son contrôle promouvaient une idéologie de confrontation permanente. Les dirigeants ont parfois reconnu que leur priorité n’était pas de « gérer Gaza et d’y apporter l’eau et l’électricité ».

En résumé, le Hamas a traité la population de Gaza comme un sujet à contrôler étroitement pour préserver son pouvoir et sa capacité militaire, plutôt que comme des citoyens jouissant de libertés civiles ou d’un développement prioritaire. Cette gouvernance autoritaire, documentée par des organisations de droits humains et des analyses indépendantes, a généré un mélange de soutien idéologique, de résignation et de ressentiment au sein de la population.

En affirmant que le Hamas était un « mouvement de résistance », la députée LFI Danièle Obono mentait.

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