Au Darfour (ouest du Soudan), le conflit armé entre les Forces armées soudanaises (SAF) et les Forces de soutien rapide (RSF/paramilitaires de Hemedti) se poursuit en 2026, dans le cadre de la guerre civile qui a débuté en avril 2023 et entre dans sa quatrième année. Les RSF contrôlent largement les cinq États du Darfour, après avoir pris El Fasher (capitale du Nord-Darfour) fin octobre 2025 à l’issue d’un long siège.

Prise d’El Fasher et atrocités

Cette chute s’est accompagnée de massacres massifs, d’exécutions sommaires, de viols systématiques, de transferts forcés et de destructions ciblant surtout les communautés non arabes (notamment Zaghawa et Fur). Des enquêtes de l’ONU, d’Amnesty International et d’autres ont documenté des crimes contre l’humanité et des éléments constitutifs de génocide. Des milliers de civils ont été tués (estimations variant, avec des rapports évoquant plusieurs milliers rien que dans les premiers jours), et des centaines de milliers ont fui. Des détentions arbitraires, tortures et violences sexuelles à grande échelle ont été rapportées, y compris à Nyala et ailleurs.

Évolutions récentes (été 2026)

  • Les combats continuent, surtout au Nord et à l’Ouest-Darfour. Les RSF ont attaqué des villages (notamment le long de la frontière tchadienne, dans des zones Zaghawa comme autour d’Um Baru, Tina et Karnoi), brûlant certains d’entre eux et provoquant des déplacements de population (plus de 20 000 personnes signalées récemment dans certaines zones, avec des milliers fuyant vers le Tchad).
  • Les forces conjointes du Darfour (alliées aux SAF, dont des groupes comme le SLM de Minni Minnawi) ont enregistré des avancées : reprise d’Abu Qamra, repoussement d’attaques autour de Bir Saliba et Hajar Marfa’in (près d’El Geneina), et mort d’un commandant RSF important (Mahdi Jebel Moon / « Jebel Moon ») début août. Des pertes en véhicules et combats intenses ont été signalés.
  • Des défections de combattants et commandants RSF vers les SAF se multiplient, fragilisant partiellement les paramilitaires.
  • Le front global s’est aussi déplacé vers le Kordofan (pression autour d’El Obeid, avec risques de scénario similaire à El Fasher) et d’autres zones, les RSF ayant parfois réorienté des forces depuis le Darfour. Des frappes de drones (des deux côtés) touchent civils et infrastructures.

Crise humanitaire

C’est l’une des pires crises mondiales : environ 13-14 millions de déplacés au total au Soudan (dont une part importante liée au Darfour), des millions en insécurité alimentaire aiguë (avec famine confirmée ou risque élevé dans des zones du Nord-Darfour), accès humanitaire très limité, épidémies (choléra notamment), et financement international très insuffisant (souvent autour de 8 % des besoins). Les civils (surtout femmes et enfants) subissent violences, privations et destructions d’infrastructures.

La situation reste fluide et très violente, avec un risque permanent d’atrocités supplémentaires. Les appels internationaux à un cessez-le-feu, à la protection des civils et à des enquêtes (y compris CPI) se multiplient, mais les combats et l’impunité persistent. Les informations évoluent rapidement ; les sources principales sont des rapports ONU, Amnesty, ACLED, médias et chronologies actualisées.

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