
Au lendemain des violences du 17 octobre 2026, qui ont vu l’hôtel de ville de Limoges, édifice néo-Renaissance du XIXe siècle classé, ravagé par les flammes en marge d’une manifestation contre la vie chère, le journaliste Jean-Michel Aphatie a réagi sur X. Son post, publié tôt le 18 octobre et partageant un lien ou une image liée aux dégâts (toiture et beffroi effondrés, partie historique « quasi 100 % détruite » selon le préfet), a immédiatement déclenché une avalanche de rappels de ses anciens propos.
En novembre 2016, invité sur Public Sénat face à Sonia Mabrouk, Aphatie avait déclaré, au second degré selon lui : « Moi, si un jour je suis élu président de la République, savez-vous quelle est la première mesure que je prendrais ? Je raserais le Château de Versailles. Ce serait ma mesure numéro un pour que nous n’allions pas là-bas en pèlerinage cultiver la grandeur de la France, devenons réalistes ! » La phrase, destinée à critiquer le mythe de la « grandeur » française hérité de Louis XIV, Napoléon et de Gaulle, avait déjà provoqué une polémique, notamment de la part d’élus versaillais comme François-Xavier Bellamy, qui y avait vu une « haine contre l’héritage ».
Dix ans plus tard, les réseaux sociaux n’ont pas oublié. Des utilisateurs ont massivement cité ces déclarations sous le post d’Aphatie sur Limoges, soulignant l’ironie : celui qui proposait de raser un symbole national de grandeur s’émeut désormais de la destruction d’un patrimoine municipal. Des commentaires ironiques (« Dixit l’homme qui voulait raser Versailles ! », « Quand la Nouvelle France veut raser Versailles, Aphatie pleure ») ou plus virulents circulent, certains y voyant une forme de sélectivité dans l’indignation face aux destructions patrimoniales. Une note communautaire sur X rappelle explicitement ses propos de 2016.
Cette réaction s’inscrit dans le contexte plus large des violences du 17 octobre, où plusieurs bâtiments publics ont été ciblés, et où le débat sur la préservation du patrimoine face aux émeutes est particulièrement vif. Aphatie, chroniqueur politique connu pour ses prises de position tranchées (notamment dans Quotidien), n’a pas encore répondu publiquement aux rappels de ses anciens propos au moment de la rédaction de cet article. L’épisode illustre une fois de plus comment les archives numériques ressurgissent pour questionner la cohérence des réactions publiques face à des événements symboliques.